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4 machines à vendanger mises à l'épreuve (Ero, Grégoire, New Holland et Pellenc)
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Essai comparatif
4 machines à vendanger mises à l'épreuve (Ero, Grégoire, New Holland et Pellenc)

Lors de la récolte 2021, quatre machines à vendanger ont fait l’objet d’un essai comparatif à Javrezac, en Charente. Grégoire et Pellenc coiffent au poteau les deux autres, mais d’un cheveu.
Par Vincent Gobert Le 03 août 2022
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 4 machines à vendanger mises à l'épreuve (Ero, Grégoire, New Holland et Pellenc)
L'an passé, les chambres d'agriculture de Nouvelle-Aquitaine et de Charente-Maritime, la maison Martell, la MSA et Le Paysan Vigneron ont organisé un test comparatif de quatre machines à vendanger. - crédit photo : Le Paysan Vigneron
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uoi de mieux que les gros rendements charentais pour discriminer des machines à vendanger ? Ero 5150, Grégoire GL8.4, New Holland 9050L et Pellenc XL40 : voilà les quatre MAV qui ont participé à trois jours de tests organisés l'an dernier par les chambres d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine et de Charente-Maritime, la maison Martell, la MSA et notre confrère Le Paysan Vigneron à Javrezac, dans une parcelle mise à disposition par Martell. Au programme, une comparaison selon huit critères : quantité et qualité de la récolte, impact sur la vigne, facilité de conduite à la vigne et sur route, confort en cabine, sécurité et enfin maniabilité.

Et la gagnante est... la Pellenc XL40

Numéro un du test sur la moyenne des huit critères, la MAV Pellenc XL40 « n’abîme pas du tout les sarments et trie bien les feuilles, concluent les experts des chambres. C’est la meilleure qualité de vendange envoyée au pressoir. Mais elle a laissé quelques baies sur des sarments libres et un peu de jus a coulé sur le côté droit de la machine ». Du fait des pertes à la vigne, c'est celle qui récolte le plus faible volume à l’hectare, soit 175,9 hl/ha, contre 181 hl/ha pour l'Ero, la meilleure selon ce critère. « Il y avait un problème d’étanchéité des caisses, que le constructeur a depuis résolu, ainsi qu’au niveau du nettoyage et de la rampe d’écailles », se souvient Didier Langlois, conseiller machinisme.

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MAV Pellenc XL40 (crédit photo Le Paysan Vigneron)

La locale du test s’en sort bien, elle aussi. La MAV Grégoire GL8.4, « directement conduite et réglée par son propriétaire, un entrepreneur de travaux agricoles, a donné une très bonne qualité de récolte et abîmé très peu de sarments. On observe aussi très peu de baies et de jus au sol, mais un peu de perte autour des piquets, avec des grappes non ramassées », jugent les experts. « Le conducteur a fait le bon choix entre laisser un peu de baies sur les vignes et ne pas massacrer la récolte », précise Didier Langlois.

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MAV Grégoire GL8.4 (Crédit Photo Le Paysan Vigneron)

Un peu de casse

Pour ce qui est d’Ero, « bien que la 5150 ne possède qu’un seul train d’écailles et un seul élévateur, elle a bien absorbé le gros rendement de cette vigne, décrivent les experts. Le bac à vendange a lui aussi permis de récupérer le volume sur pied ». Mais il y a eu des accidents. « Le conducteur, démonstrateur de la marque, a fait le choix d’un secouage dur, critique Didier Langlois. Il a serré les bâtons pour faire tomber un maximum de baies. Ce réglage a provoqué des casses de sarments. Alors que de nuit, les réglages et la conduite du JA Geoffrey Roux n’ont provoqué aucun dégât et une bonne qualité de récolte. De jour, avec les choix d’Ero, la qualité visuelle de la vendange dans la benne était moins bonne, avec quelques bois et davantage de feuilles. » Toutefois, « ça n’a pas eu d’impact significatif sur la qualité des moûts ».

MAV Ero 5150 (Crédit Photo Le Paysan Vigneron)

Même travers pour la Braud 9050 L à convoyage par noria. « Le constructeur a voulu récolter un maximum de baies, indique Didier Langlois. Il a réglé le pincement pour serrer la vigne et augmenté la fréquence de secouage. Il a ramassé la plus grosse quantité de vendange, sans perte au sol ou presque, mais avec quelques sarments et beaucoup de feuilles qui n'ont pas été assez bien éliminées par les souffleries. À la distillation ça s’est senti. »

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MAV Braud 9050L de New Holland (Crédit photo : Le Paysan Vigneron)

Prise en main et pilotage

En termes de conduites à la parcelle et sur route, de confort et de sécurité, la Pellenc XL40 donne satisfaction, également. « La visibilité à partir de la cabine déportée est une habitude à prendre», décrit Fabien Tessier, conseiller machinisme. Mais une fois le rang commencé, avec les palpeurs adaptés, l’avancement est fluide. Le rayon de braquage est impeccable. La machine est facile à utiliser. On peut la confier à un novice. L’écran permet de gérer l’avancement avec une correction de dévers. La visibilité de nuit est bien pensée, sans éblouissement. Un bémol : « le joystick est sensible, ce qui rend les accélérations un peu brusques. La marche arrière peut alors paraître un peu vive ».

Pour la Braud 9050L, de New Holland, la prise en main est jugée « plus ou moins facile, selon le JA Sébastien Bonneau. Avec toute l’électronique dans la cabine, on peut vite être perdu. Les manœuvres sont plutôt faciles à effectuer. Avec l’accoudoir, toutes les fonctions sont à portée de mains. Le siège avec suspension met le chauffeur plutôt à l’aise. Les pneumatiques jouent bien leur rôle. Sur route : la MAV se tient bien. Les rétroviseurs et les caméras assurent une bonne visibilité. En revanche, la transmission est un peu bruyante. De plus, l’accès aux accessoires est délicat. Lorsqu'on fait demi-tour de nuit, il y a un petit manque d’éclairage sur la partie droite. Un phare pourrait y être ajouté ».

La Ero 5150 est très maniable

La MAV Ero 5150, quant à elle, est « très maniable dans la parcelle, confortable, un peu plus bruyante au travail mais cela reste convenable, note Geoffrey Roy. Tous les organes d’entretien ou de lavage sont facilement accessibles. Le temps d’adaptation à la conduite est assez rapide. De nuit, elle éclaire tout le périmètre de travail. Et lors des nettoyages, les plateformes plates apportent de la sécurité. Sur route, cette MAV reste stable. C’en est même impressionnant. La cabine est très silencieuse ». Mais il faut rester vigilant. « La vidange de benne dans les remorques s’effectue sur le côté, occasionnant un manque de visibilité lors de la rotation. La tête n'est pas pendulaire, cela pourrait être amélioré. Lorsque le conducteur n’est pas tout à fait centré dans l’axe du rang, on entend cogner les piquets ou les pieds dans la tête de récolte. »

« À la parcelle, la prise en main et la conduite de la Grégoire GL8.4 sont assez bonnes, confie le conducteur JA Kévin Aiguillon. L’avancement et la marche arrière sont très souples. L’éclairage est efficace. En revanche, il y a beaucoup d’angles morts. Les roues avant ne sont pas dans le champ de vision. Les dispositifs antipollution rendent la carrosserie plus grande qu’auparavant. Sur route, étant donné le gabarit de la machine, la conduite est assez compliquée, notamment pour se garer lors d’un croisement avec une voiture ou un camion. L’habitude de conduire en poste déporté sur les autres marques ne facilite pas la vision centrale Grégoire. Enfin, les rétroviseurs demanderaient à être plus grands afin de fournir une meilleure visibilité ; et une caméra 360° serait utile. L’ordinateur de bord offre beaucoup d’options et est compliqué à prendre en main. Au final, la machine est bonne, mais il faut s'y habituer. » Même entre eux, les Charentais sont sans pitié !

 

Les différentes phases du multitest

Ambitieux, le multitest de MAV s'est déroulé en plusieurs phases :

1) réglages et présentation des machines par les techniciens des marques ;

2) vendange de jour par des chauffeurs JA qui ne connaissaient pas la marque, pour qualifier la prise en main, et accompagnés par leur technicien respectif ;

3) conduite sur route puis de nuit par les chauffeurs JA ;

4) Les deux jours suivants ont été consacrés à la récolte « qualité » par les techniciens des marques, c'est-à-dire celle reprise en main par la station viticole du Bnic.

Inédit, ce multitest a nécessité de la part des chambres la création d'un protocole d'essais de MAV. « Il y en a eu plus d’une dizaine de versions avant que les quatre constructeurs, la MSA, le Bnic et la société Martell le valident totalement », confie Didier Langlois.

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