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Étude française
Le prix, facteur clé de la consommation de vin pendant la crise sanitaire

Une enseignante-chercheuse conduit depuis 2014 une étude pour évaluer les tendances de consommation de vin en France. Il en ressort que le coût est un facteur clé dans la décision d'achat en cette période covid.
Par Laurie Andrès Le 23 novembre 2021
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Le prix, facteur clé de la consommation de vin pendant la crise sanitaire
« La crise sanitaire a fait baisser les achats à un niveau plus bas qu'en 2014, avec une chute de 30% ! », souligne Nathalie Spielmann. - crédit photo : DR
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ans grande surprise, en France, on boit moins de vin.

Passant de 100 litres en moyenne par habitant/an en 1975 à 40 litres en 2018 (source Vin et Société), les verres semblent être remisés au placard au profit de la responsabilisation.

Nathalie Spielmann, enseignante - chercheuse à NEOMA Business School à Reims a mené une étude s’étalant sur une période de 7 ans (2014-2021) afin de faire la lumière sur les comportements et habitudes de consommation de vin en France. « Pour ce faire, j’ai mené cette recherche sur trois vagues : avant et après la survenue de la crise sanitaire sans précédent que nous traversons. Concrètement ce sont au total plus de 3000 consommateurs que j’ai interrogées en juin 2014, puis lors d’une seconde phase en février 2020 (avant le début de la crise sanitaire) et enfin en mai 2021 (au courant de la crise sanitaire) », explique Nathalie Spielmann.

Le prix, facteur clé... sauf pour le Champagne

Si en 2014, on boit en moyenne 6,93 bouteilles par mois, en 2020 on en boit 8,03, une hausse qui fait écho à la crise sanitaire et aux confinements à domicile. En 2021, la consommation flirte à nouveau avec les chiffres de 2014, soit 6,26 bouteilles.

Quant aux prix, s’ils ont significativement baissé entre 2014 et 2020 (en 2014 le prix moyen de la bouteille était de 19,66€ contre 12,87€ en 2020), en 2021, le prix atteint 13,90 € soit une hausse de 8 % par rapport à 2020.

Si les consommateurs sont de plus en plus attentifs sur les montants dépensés par bouteille, cette tendance ne touche cependant pas le secteur du champagne. « Nous sommes, sur le marché du champagne, confronté à un produit dont la perception de qualité augmente, les consommateurs sont donc plus enclins à consacrer une part de budget importante pour s’offrir du champagne », souligne l’auteure de l’étude.

Une analyse qui rejoint la perspective décrite par l’ISWR qui rappelle que les vins effervescents sont très largement conditionnés à l’esprit de fête donc à leur qualité intrinsèque les positionnant dans le cas des champagnes comme des vins premium.

Les supermarchés font le plein (de prix)

Autre élément qui pourrait expliquer l’attention portée sur le prix, le désengagement de la part des consommateurs constaté entre 2020 et 2021 sur des critères spécifiques comme le cépage, la marque ou l’origine du produit. Les supermarchés ont retrouvé leur clientèle de 2014, ayant perçus une augmentation d’achat dans leurs magasins de 21% entre 2020 et 2021. « La crise COVID-19 a réduit l’intérêt pour le vin, et les consommateurs se sont éloignés des magasins spécialisés et n’ayant moins la possibilité de fréquenter le réseau CHR, ils se sont retrouvés à nouveau, dans les supermarchés pour acheter du vin. Ce qui expliquerait aussi en partie la baisse du prix moyen par bouteille », explique Nathalie Spielmann.

Autre conséquence directe de la crise sanitaire, les Français dépensent moins quand il s’agit d’offrir une bouteille (le prix moyen était de 48,43€ en 2020 contre 42,93€ en 2021), soit une baisse de 11% « certainement liée aux mesures de distanciations sociales », souligne l’auteure de l’étude.

Si l’étude menée jusqu’en mai 2021 affirme des lignes claires quant à la perception du prix depuis le début de la crise sanitaire, Nathalie Spielmann dit rester prudente dans les mois à venir : « C’est relativement difficile de s’engager sur ce sujet. Des prévisions sur la question des fluctuations de prix semblent complexes, eu égard au contexte sanitaire actuel et aussi économique (si on pense aux prix du fioul, de l’électricité, etc.) », ajoute t-elle.

 

Détails de l’étude :

Pour cette recherche de fond, Nathalie Spielmann s’est adressée à un panel de consommateurs marqué par une quasi égalité de genre (49,6% d’hommes vs 50,4% de femmes), basé sur tout le territoire national et dont l’âge moyen est de 42 ans.

« L’égalité de genre dans le panel interrogé était un critère important. Le comportement des femmes face à la consommation de vin est un sujet d’intérêt croissant, cette étude était donc une formidable occasion d’aller analyser sur le terrain la réalité de la situation il était donc question d’objectiver factuellement la situation », souligne Nathalie Spielmann.

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