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La certification Vignerons engagés, mode d'emploi

La certification Vignerons engagés est dédiée aux caves coopératives. Revue en détail de ce que cette certification suppose pour les caves coopératives et les coopérateurs avec Agamy qui a obtenu cet été le label.
Par Bérengère Lafeuille Le 17 novembre 2021
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 La certification Vignerons engagés, mode d'emploi

Pierre-Marie Claisse, coopérateur d'Agamy, vigneron engagé.

- crédit photo : © B. Lafeuille
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our obtenir le label Vignerons engagés, une coopérative doit auditer ses membres. Chez Agamy, coopérative de 350 viticulteurs sur 1 000 hectares, basée à Bully (Rhône), c’est Inès Bertrand, technicienne viticole, qui s’en charge. « En une demi-journée, on passe en revue les trois piliers du développement durable – économique, social et environnemental, explique-t-elle. Une exploitation est dite "durable" si elle atteint 70 % de réalisation pour chacun de ces trois piliers. On parle de sujets rarement abordés comme la gestion des déchets. On mesure l’empreinte carbone. On demande aux vignerons s’ils créent de l’emploi, s’ils embauchent de la main-d’œuvre locale, comment ils fidélisent leurs salariés. On leur demande aussi s’ils renouvellent leur vigne, s’ils investissent dans leur outil de production. Et on s’intéresse à leur qualité de vie. »

Étant responsable de la commission amont d’Agamy, Mathieu Subrin n’est pas étranger à la décision d’engager la cave dans l'obtention de ce label. « La démarche nous a tout de suite parlé, raconte-t-il. Elle englobe tous les pans de l’exploitation et embarque les salariés de la coopérative, comme les viticulteurs. »

Un diagnostic complet

En 2020, Inès Bertrand a passé son exploitation de 20 ha au crible du diagnostic des Vignerons engagés. Deux points d’amélioration en sont ressortis. « J’emploie des saisonniers et je me préparais à embaucher un apprenti ; je manquais de locaux pour eux, explique Mathieu Subrin. J’en ai donc aménagé un. L’autre point concerne l’eau, que je pompe dans un puits. Je vais m’équiper d’un compteur pour mesurer la quantité puisée. Ce diagnostic est vraiment ciblé sur le métier. Et cela fait du bien de se poser pour faire un point sur son exploitation ! »

Également coopérateur d’Agamy, installé sur 20 ha, Pierre-Marie Claisse a passé le diagnostic Vignerons engagés fin 2019, peu après sa certification HVE. « Cette démarche prend le métier dans sa globalité, y compris les aspects humains, apprécie-t-il. Et, contrairement au label HVE, qui est souvent dénigré, elle interpelle les consommateurs si on prend le temps de leur expliquer. »

Des axes d'amélioration

Impliqué dans la vie de sa coopérative et dans des associations, l’intégration de son entreprise dans son milieu est ressortie comme un de ses points forts. Quant aux axes d’amélioration, ils se situaient du côté des traitements phytos. Pierre-Marie Claisse s’y est attaqué. « Je travaille davantage mes sols, explique-t-il. Je m’étais engagé à réduire mes phytos pour ma certification HVE. Comme les deux labels se recoupent sur ce point, je devrais obtenir une meilleure note à mon prochain audit Vignerons engagés. »

À l’issue de l’audit, gratuit pour les viticulteurs, Inès Bertrand leur remet un bilan avec un plan d’action. Au bout de cinq ans, elle refera un diagnostic, avec une piqûre de rappel à mi-parcours.

Un effort collectif

Pour obtenir le label, la coop a elle aussi fait des efforts. « On a beaucoup travaillé avec nos salariés, présente Inès Bertrand. Nous avons mis en place une enquête de satisfaction annuelle, une charte du bien-être au travail et un bilan social traitant de la parité, des salaires, de l’emploi de personnes en situation de handicap…, qui est communiqué au personnel. On a trouvé une filière de recyclage pour tous nos déchets et on travaille sur l’écoconception de nos emballages avec des bouteilles allégées. En cuverie, on a installé des compteurs d’eau et d’électricité pour identifier et réduire les gaspillages. Notre toiture intégrera bientôt des panneaux photovoltaïques, et on essaie d’améliorer intégration paysagère de la cave. » La coopérative n'oublie pas ses fournisseurs : elle a commencé à les challenger sur leurs engagements environnementaux.

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