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Repli des ventes
La consommation américaine de vin subit le contrecoup de l'après-Covid

La dynamique affichée globalement par les ventes de vins sur le marché américain en pleine pandémie s'est estompée, d'après les chiffres que vient de publier l'analyste SipSource*. En revanche, les rosés poursuivent leur progression inexorable, et le Champagne rebondit fortement.
Par Sharon Nagel Le 15 octobre 2021
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La consommation américaine de vin subit le contrecoup de l'après-Covid
Les rosés et les bulles continuent de séduire le public américain - crédit photo : Sharon Nagel
I

l fallait peut-être s’y attendre : le retour du secteur CHR, pour ne citer que lui, a mis à mal la dynamique enclenchée par les vins au plus haut de la crise du Covid, accaparant une partie du budget des ménages américains alloué à la consommation à domicile pendant la pandémie. De plus, selon les analystes, les opérateurs du secteur CHR se montrent plus enclins cette année à reconstituer leurs stocks de spiritueux que de vins. Tendance de fond ou période d’ajustement ? Toujours est-il que les ventes de vins reculent de 3,8 % sur les douze mois se terminant en juillet dernier d’après SipSource. Et ce recul a tendance à s’accentuer, la baisse étant plus importante à la fin du premier semestre (-5,8%) qu’à l’issue du premier trimestre.

Néanmoins, il y a aussi des points positifs, à commencer par les ventes de Champagne, qui ont fait un bond de 25,5% sur douze mois, voire de 101,2% sur six mois dans le circuit CHR. Une tendance à relativiser car les ventes en 2020 avaient été très impactées, mais qui reste de bon augure pour les bulles champenoises, et globalement les effervescents (+77,1% sur 6 mois en CHR).

Les rosés ont toujours le vent en poupe

Du côté des rosés, les chiffres Nielsen montrent que leur croissance reste inchangée, malgré la pandémie. Sur les douze mois jusqu’en juin 2021, la part des rosés parmi les ventes de vins tranquilles pour la consommation à domicile est passée à 4,4 % contre 4,2 % en 2020 et 3,8 % en 2019. D’après le consultant Danny Brager, ancien analyste chez Nielsen, « les dernières données portant sur ces 52 semaines montrent que la catégorie des rosés dépasse en valeur celles de catégories telles que le moscato, le merlot, les assemblages de blancs, le riesling et le malbec ». Par ailleurs, la tendance va nettement en faveur des profils secs, ce qui est évidemment favorable aux produits français.

En effet, un sondage réalisé par Wine Opinions auprès de 2 000 buveurs réguliers de vins montre que 35 % des sondés préfèrent des rosés « très secs », auxquels s’ajoutent les 30 % de personnes interrogées qui privilégient des styles « plutôt secs ». Seuls 20 % d’entre elles aiment un côté sucré, pour 15 % qui apprécient tous les styles. De plus, les amateurs de rosés sont aussi bien des hommes (49 %) que des femmes (51 %), sachant que les consommateurs occasionnels de rosés sont plutôt des hommes (54 %). En dehors des rosés et des effervescents, la premiumisation reste de mise : les ventes de vins tranquilles positionnés au-dessus de 11 $ progressent de 4,9 %, tandis que la tranche des moins de 11 $ recule de 8,7 % sur douze mois. Comme le fait remarquer Wine Opinions, si cette tendance se poursuit, la croissance globale ne sera plus possible car les vins vendus à moins de 11 $ représentent 76,5 % des ventes.

 

* : SipSource est une collaboration entre Wine & Spirits Wholesalers of America, Nielsen, Vermont Information Processing et l’analyste Kearney. Il collecte des données issues des entreprises membres de la WSWA, dont les quatre plus grands distributeurs aux Etats-Unis

 

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