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Protection de l'appellation
Reprise des exportations de champagnes vers la Russie, où le combat continue pour l'AOC

Depuis le 15 septembre, les exportations de champagne reprennent vers la Russie après un embargo suite à la législation obligeant les producteurs champenois à apposer la mention « vin mousseux » sur les contre-étiquettes parue début juillet. Mais les champenois n'ont pas dit leur dernier mot.
Par Laurie Andrès Le 14 octobre 2021
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Reprise des exportations de champagnes vers la Russie, où le combat continue pour l'AOC
Exemple de contre-étiquette d’une bouteille de Champagne en cyrillique, ici de la maison Pol Roger avant les modifications liées à la nouvelle loi russe. - crédit photo : Laurie Andrès
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« Quitter un marché, on perd 25 ans à essayer d’y revenir », déclare David Chatillon, le directeur général de l’Union des Maisons de Champagne (UMC). Depuis le 15 septembre, la filière champagne a mis un terme à l’embargo sur les exportations de champagne vers la Russie suite à la législation promulguée ce 2 juillet obligeant les producteurs champenois à abandonner la mention « Champagne » au profit de « vin mousseux » sur les contre-étiquettes de leurs bouteilles. Une loi polémique et qui remet sur le tapis la protection de l’appellation que les champenois essaient de faire adopter par la Russie sans succès depuis 20 ans.

Si sur le fond, les discussions patinent (trois courriers ont été envoyés cet été par les ministres de l’Agriculture, du Commerce extérieur et des Affaires étrangères à leurs homologues russes pour une suspension de cette législation, ces courriers sont pour l’instant restés sans réelles réponses), d’autres réunions préparatoires en vue du sommet du CEFIC (Conseil économique, financier et commercial franco-russe) devraient se tenir jusqu’en décembre.

« Le vrai débat, c’est que les russes s’accaparent le mot champagne », ajoute David Chatillon.

Nouvelles contre-étiquettes

En attendant, les producteurs champenois sont dans l’obligation de revoir leurs copies. Si sur l’étiquette principale, on lira bien Champagne en lettres latines, les nouvelles contre-étiquettes doivent désormais indiquer vin mousseux en cyrillique suivi de l’indication géographique « région Champagne, France ». Un premier pas dans la détente de ce conflit qui permet de fournir le marché russe à l’approche des fêtes de fin d’année, cruciale pour les ventes de champagnes.

Autre obligation, une procédure de re-certification des vins qui peut passer par l’envoi d’échantillons en vue d’analyses a été demandée par la Russie.

« Nous en saurons plus dans les jours qui viennent. Il semblerait que si le produit est inchangé, il n’ait pas besoin de nouvelles analyses pour obtenir la re-certification », indique David Chatillon.

Des démarches administratives supplémentaires qui cachent en réalité la volonté pour les Russes de ne rien lâcher et d’appuyer un programme de développement du vignoble national accéléré il y a quelques années suite à la réintégration de la Crimée au sein de la Fédération de Russie. Derrière l’étiquette, pour les Champenois, il s’agit d’être prudent et réactif sur un marché « ami » en préparant activement la suite.

Marché russe

Pour l’instant, pas de réels retours des tendances sur le marché, « nous aurons des chiffres à la fin de l’année », indique David Chatillon.

« Les dernières bouteilles sans la nouvelle contre-étiquette continuent de s’écouler », explique Slava Izmailovs, importateur de champagnes en Russie.

15ème marché à l’export pour la Champagne (1,8 millions de bouteilles sur les 150 millions vendues dans le monde chaque année sur le marché international), la Russie est un petit marché et ne viendra sans doute pas bousculer les très bonnes prévisions d’expéditions évaluées à 305 millions de bouteilles et ceci même avec une vendange 2021 éprouvante pour la filière.

De toute façon, le combat est ailleurs : même si cela promet d’être « long et complexe », le champagne veut s’appeler champagne, en lettres latines comme en cyrillique.

 


 

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