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Le gin c’est "in"
Bollinger mise sur le gin français d'origine vinique

Le groupe familial SJB (Bollinger, Ayala, Cognac Delamain, Chanson...) se diversifie et lance un gin maison porté par Pauline Raffaitin, responsable marketing de Bollinger Diffusion. Un projet intraprenarial qui permet de surfer sur la tendance du gin made in France, de plus en plus prisé par les consommateurs.
Par Laurie Andrès Le 11 octobre 2021
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Bollinger mise sur le gin français d'origine vinique
Pauline Raffaitin, responsable marketing du groupe Bollinger, s’est appuyée sur ses expériences pour élaborer un gin « français bio d’exception ». - crédit photo : SJB
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ait maison, porté par une femme, élaboré grâce « un travail de sourcing approfondi des ingrédients issus de productions certifiées bio », le gin made in Bollinger coche toutes les cases des considérations sociétales et environnementales des consommateurs du XXIème siècle.

Longtemps resté au placard, ce spiritueux à base d’alcool neutre issu de productions agricoles (blé, orge) et aromatisé à base de baies de genièvre et de coriandre connait un regain d’intérêt depuis quelques années en France.

Popularisé par les bartenders, poussé par la pandémie (près de 25 % de croissance en 2020, contre +4,3 % pour les autres spiritueux en GMS d'après Rayons Boisson), le gin fait partie de la catégorie la plus dynamique sur le marché des spiritueux.

S’il existe une infinité de possibilités (on estime qu’environ 200 gins sortent sur le marché tous les ans), de recettes et de producteurs surfant sur la tendance du « craft gin », le gin séduit par sa simplicité d’élaboration (et in fine son potentiel de rentabilité) car à la différence des whiskies qui doivent vieillir, le gin, lui, peut être prêt en quelques heures, parfois à l’aide d’une simple cocotte-minute pour les plus téméraires.

Loin des productions de « garage », ce qui intéresse le groupe Bollinger c’est de revendiquer un savoir faire maison et participer à l’essor du « gin français ».

Un gin français et bio

Distillé chez un partenaire à Cognac (Philippe Laclie), accompagné par le maître de chai Delamain, Dominique Touteau et de Guillaume Quenza (co-fondateur du bar à cocktails Fréquence à Paris, acteur de la nouvelle scène de la mixologie française), l’élaboration du gin made in Bollinger bénéficie d’un mode de production à la pointe.

« Chez Bollinger, on a fait le choix d’une base vinique française et bio (contrairement à la plupart des gins traditionnels avec une base de céréales) dans un alambic Stupfler*, doté de multiples alvéoles qui maximise le contact entre le distillat et le cuivre et permet de produire des gins fins », affirme Pauline Raffaitin.

Outre l’élaboration du gin en deux temps, macération puis infusion, à contre-courant des gins trop expressifs, « Anaé » joue la carte de la simplicité et de la proximité avec des producteurs français triés sur le volet affichant le label bio.

« 7 botaniques viennent composer le bouquet aromatique de ce gin, dont le Maceron sauvage de l’Ile de Ré ou poivre des marais, seule la baie de genièvre est importée pour l’instant », ajoute Pauline Raffaitin.

 Marché français et plus si affinités

Revendiquant un « Distilled Dry Gin », pied de nez aux habituels « London Dry Gin », Bollinger se lance dans une conquête de nouveaux consommateurs, déjà en partie acquise depuis le rachat par la filiale de la holding familiale, Bollinger Diffusion, de marques fortes du groupe Rémy Cointreau (cognacs Rémy Martin, rhums Mount Gay, liqueurs Cointreau, gin The Botanist…).

« Nous ciblons une clientèle large et trendy, habituée aux cocktails, en lançant ce gin, nous cherchions vraiment un produit de la même qualité que ce que nous proposons chez Bollinger afin de créer une synergie », affirme Pauline Raffaitin.

Distribué exclusivement sur le marché français pour l’instant, dans les caves, épiceries et tables gastronomiques haut de gamme, « Anaé » se positionne dans la catégorie des gins premium, et si la commercialisation vient à peine de débuter, d’autres recettes sont d’ores et déjà à l’étude.

« Nous avons de belles ambitions pour cette marque, l’idée c’est d’en faire un des leaders du gin français et bio », conclut celle qui, comme la reine Elizabeth II, croit aux vertus de la dite boisson.

 

 

* : Considéré comme la Rolls Royce de l’alambic, les alambics Stupfler en cuivre sont fabriqués par l’entreprise française éponyme et se sont vite imposés par leur procédé unique de condensation partielle par refroidissement contrôlé, là ou la plupart des alambics imposent un système de rectification de plateaux où plusieurs distillations sont nécessaires.

 

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