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Vendanges gelées
Demandes d'aide à l'unisson des vignerons indépendants et coopérateurs dans le Gard

La Fédération Gardoise des Vignerons Indépendants et l'antenne Gard des Vignerons Coopérateurs ont invité la préfète à une visite bilan de vendanges pour lui faire part de mesures d'urgence nécessaires à la continuation de leur activité.
Par Marion Bazireau Le 08 octobre 2021
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Demandes d'aide à l'unisson des vignerons indépendants et coopérateurs dans le Gard
Le viticulteur Guilhem Peladan (à droite) du domaine des Arnasseaux a gelé à hauteur de 80%. « J’ai touché l’aide d’urgence et j’ai pu acheter de la vendange et du moût pour sauver mes marchés mais je n’ai pas de visibilité sur ce que je toucherai au titre des calamités agricoles en 2022 ». - crédit photo : Marion Bazireau
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a sortie vendange organisée par la Fédération Gardoise des Vignerons Indépendants et l’antenne Gard des Vignerons Coopérateurs ce 7 octobre à la porte des Cévennes, l’une des zones les plus l’un des plus impactées par les gelées d’avril 2021, s’est transformée en un véritable appel à l’aide.

« Au global sur le département, nous nous attendons à une perte de récolte d’environ 30 % par rapport à 2020, qui était déjà déficitaire. C’est encore 1 millions d’hectolitres en moins, du jamais vu » annonce Anthony Bafoil, Président du comité du Gard pour les Vignerons Coopérateurs, devant la préfète Marie-Françoise Lecaillon, plusieurs partenaires de la filière, des attachés parlementaires et des élus des collectivités.

Moins d’une demi-récolte pour 1/3 des viticulteurs

« Un tiers des exploitants a fait moins d’une demi-récolte, un autre est à plus ou moins 25 % de pertes, et un tiers a été peu impacté ». Le viticulteur Guilhem Peladan du domaine des Arnasseaux, à Cardet, a raconté avoir gelé à hauteur de 80 %. « J’ai touché l’aide d’urgence et j’ai pu acheter de la vendange et du moût pour sauver mes marchés, mais je n’ai pas de visibilité sur ce que je toucherai au titre des calamités agricoles en 2022 » a-t-il expliqué, insistant sur la fragilité de sa trésorerie.

Pierre Jauffret a demandé à la préfète que soit rapidement porté à la connaissance des exploitants non assurés le mode de calcul de l’indemnité au titre des calamités agricoles annoncée par le Gouvernement et son échéancier. « Pour les exploitations assurées, nous aimerions un rachat de points de franchises de 7,5 %, au lieu des 2,5 % actuels » a précisé le Président des Vignerons indépendants du Gard.

Anthony Bafoil a quant à lui rappelé que de nombreuses mesures déclinant le « plan gel » d’un milliard d’euros annoncé par Jean Castex n’ont pas encore été fléchées vers la viticulture, et que d’autres restent à préciser.

La profession regrette en outre que le fonds d’urgence de 20 millions débloqué par la Région soit utilisé comme un fonds social et non pas un fonds dédié aux entreprises touchées par le gel.

Allongement de la durée de remboursement du PGE

En fin de matinée, à la coopérative de Durfort, Pierre Jauffret a prévenu que les entreprises ne pourraient assumer facilement le remboursement de leurs encours bancaires, alors même que leur capacité commerciale va être amputée des conséquences directes induites par les aléas climatiques. « L’Etat a déjà annoncé qu’il ne pourrait pas rembourser son propre PGE sur une courte durée. C’est pareil pour l’agriculture et nous ne pourrons pas vivre avec des mensualités si importantes ».

Pierre Jauffret a demandé à la préfète de transmettre leur demande d’un allongement de la durée d’amortissement du PGE de 8 à 10 ans, contre les 5 prévus à ce jour. « Nous voulons aussi une négociation nationale entre l’Etat, notre filière et la fédération nationale des banques, afin d’obtenir une année blanche en 2022 avec report en fin de plan de l’annuité, et ce à coût nul ».

Des arènes de la viticulture

Les viticulteurs ont également profité de cette matinée pour proposer à la représentante de l’Etat d’organiser des « Arènes » afin de réunir l’ensemble des acteurs économiques concernés par le changement climatique et les difficultés d’accès à l’eau pour définir les actions à conduire au niveau départemental. Cette demande a bien été entendu par la préfète.

« Etablir des connexions, créer les ponts, ça nous savons le faire » a-t-elle assuré. Pour le reste, elle a rappelé que le travail de la DDTM, MSA, Chambre d’Agriculture avait permis de monter l’enveloppe gardoise à 697 000 €.

« Je tiens aussi à insister sur le côté exceptionnel de l’ouverture du régime des calamités agricoles à la viticulture. La commission nationale se réunit le 17 novembre, les viticulteurs devront être attentifs à bien déposer leur dossier dans les temps ». Sur le PGE, la préfète n’imagine qu’une solution au cas par cas.

 

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