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Beaujolais

Brouilly espère déposer son dossier de premier cru dans un an

Mardi 12 octobre 2021 par Alexandre Abellan

« Nos terroirs sont d’une grande complexité. Il n’y a pas un Brouilly, mais des Brouilly » souligne Robert Perroud.
« Nos terroirs sont d’une grande complexité. Il n’y a pas un Brouilly, mais des Brouilly » souligne Robert Perroud. - crédit photo : Interbeaujolais
Porté par un travail collectif de long terme, le cru du beaujolais avance sur son projet de créer le premier "premier cru" du vignoble rhodanien.

La création d’un premier cru avance dans le Beaujolais. Le pli est pris dans les appellations Brouilly et Côtes de Brouilly : chaque mois les producteurs volontaires se réunissent et dégustent leurs cuvées pour « faire ressortir les secteurs qui ont toujours un haut niveau de qualité même lors des millésimes difficiles. Un premier cru, c’est la régularité » pose le vigneron Robert Perroud, à la tête de la commission des AOC Brouilly et Côtes de Brouilly. Lancée il y a une dizaine d’années (lors de la cartographie géologique du Beaujolais), l’idée d’un premier cru en Brouilly et Côtes de Brouilly se concrétise, les vignerons espérant déposer un dossier fin 2022 auprès de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO).

Sans se presser et risquer de retarder la procédure par un faux-pas administratif, « on prend les choses dans l’ordre. Je suis les bons conseils de Frédéric-Marc Burrier, l’ancien président de l’AOC Pouilly-Fuissé ayant porté le dossier de premier cru du mâconnais. Il ne faut pas griller les étapes et être le plus précis possible » indique Robert Perroud, qui tient ainsi un registre des dégustations mensuelles. D’après lesquels, « on voit les secteurs se détachant toutes les années. Ce n’est pas vraiment une surprise, cela revient à ce que disaient les anciens (ce sont plus souvent des vignes en coteaux) » note le vigneron.

Travail collectif

S’il s’agirait d’une première pour la région du Beaujolais, cette démarche de premier cru est également lancée à Juliénas, Fleurie et Moulin à Vent. « On a plusieurs appellations qui sont parties dans un travail de sélection de parcelles, de caractérisation de terroirs et de définition de zones particulières » note Jean-Marc Lafont, le président de l’Union des Crus du Beaujolais, l’Organisme de Défense et de Gestion des dix crus du Beaujolais (Brouilly, côte de Brouilly, Chénas, Chiroubles, Juliénas, Fleurie, Moulin à vent, Morgon, Régnié et Saint-Amour).

« Au sein de l’ODG, on veut que chacun y aille à sa vitesse pour faire correctement le travail » ajoute le vigneron, qui parle moins d’ambition que de rattrapage de valorisation. « Dans les années 1950-1960, les crus du Beaujolais étaient au-même niveau de prix que les crus de Bourgogne, comme Gevrey Chambertin » rapporte Jean-Marc Lafont, pour qui la mention de premier cru « n’est pas qu’un travail administratif auprès de l’INAO. C’est un travail de fond auprès de nos viticulteurs pour que chacun montre l’excellence dans ses cuvées. »

"Cuvées et sélections parcellaires"

En la matière, les réflexions auprès des 303 producteurs de Brouilly (1 250 hectares de vignes) créent de l’émulation : « avant, il y avait plus une culture de la vente de vin en vrac de citerne, l’intérêt pour les cuvées et sélections parcellaires se renforcent » note Robert Perroud, qui défend une approche collective des appellations pour aller le plus rapidement possible sur ce dossier. « Des crus vont plus vite que d’autres. Quand ça va vite, c’est que les vignerons s’approprient la démarche » analyse Daniel Bulliat, le président de l’interprofession des vins du Beaujolais (Inter Beaujolais), pour qui « la montée en gamme est essentielle pour le Beaujolais ».

« Le Beaujolais est une formidable mosaïque de terroirs, avec un cépage, le gamay, qui n’a jamais été autant d’actualité en termes de finesse, de fraîcheur et d’élégance » conclut Jean-Marc Lafont.

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