LE FIL

Millésime 2021

Le casse-tête bourguignon des records de ventes et de petits rendements

Mardi 05 octobre 2021 par Clément L’Hôte

Les vendanges bourguignonnes confirment la faiblesse des rendements pronostiqués depuis les gelées de printemps.
Les vendanges bourguignonnes confirment la faiblesse des rendements pronostiqués depuis les gelées de printemps. - crédit photo : Clément L'Hôte
L’interprofession a annoncé, ce mardi 5 octobre, des rendements historiquement faibles en 2021, en même temps qu’une forte progression des ventes sur presque tous les marchés.

La Bourgogne s’attend à une demi-récolte cette année, selon la première estimation du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), tenant sa conférence de rentrée ce mardi 5 octobre 2021. « D’après une première estimation théorique, nous nous orientons vers une récolte à 50 % des rendements habituels » déplore François Labet, président délégué du BIVB.

Coupable n°1 : le gel d’avril. Sans surprise, « les chardonnays sont bien plus touchés, comme à Chablis ou en Côte de Beaune, avec des -70 % fréquents ». Pire : le Mâconnais, qui a subi par endroit des épisodes de grêle, « ayant détruit ce qu’il restait de récolte », comme en Pouilly-Fuissé. Le pinot noir s’en sort mieux, notamment en Côte de Nuits où l’on peut espérer des -30 %. Globalement, la filière attend « 750 000 à 900 000 hl en 2021, contre près de 1,56 millions hl en 2020 ».

Carton à l’export

Le résultat d’une saison « usante » pour la filière bourguignonne, qui se retrouve dans une situation paradoxale : du côté des ventes, les résultats flirtent avec les records. « La demande est toujours aussi forte », se réjouit François Labet, ce que confirme le président du BIVB, Frédéric Drouhin. « Nous progressons sur presque tous les marchés par rapport à la période pré Covid. » Sur les 7 premiers mois de 2021, la Bourgogne progresse de 17 % en volume en grande distribution (+22 % en valeur) et de 22 % en volume à l’export (+26 % en valeur).


Ce qui place la Bourgogne en tête des vignobles français d’AOC en termes de croissance sur cette période de reprise. Comment l’expliquer ? « Il y a la qualité des millésimes en cours de commercialisation, soit 2018, 2019 et 2020 », estime Frédérique Drouhin, qui insiste également sur « le rôle positif de la levée des taxes Trump », et « les efforts de l’interprofession, qui a gardé le lien avec les clients ».

Une répercussion sur les prix ?
Mais l’on considère les rendements évoqués plus haut, l’équation s’annonce difficile pour la Bourgogne. « On ne pourra pas garder ce rythme de commercialisation, ou il n’y aura plus du tout de vin à vendre en 2023. Les opérateurs l’expliquent aux clients : l’objectif est désormais de lisser les stocks jusqu’à la commercialisation du millésime 2022. » Millésime auquel « tout le monde est suspendu désormais ».

L’interprofession anticipe aussi une éventuelle montée des prix. « La saison s’est avérée particulièrement coûteuse pour les vignerons, et les cours sont nettement en hausse. Est-ce que tout cela sera répercuté sur la bouteille ? Il est trop tôt pour le dire. » À ce sujet, François Labet se veut rassurant. « En 2016, nous avions aussi été frappés par le gel, et les prix ne s’étaient pas envolés. Il devrait en être de même pour le millésime 2021. Personne ne veut perdre des marchés. On sait que quand une bouteille quitte l’étagère, il est difficile de la faire revenir. »

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