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Les bouteilles veulent un conditionnement des vins toujours plus "verre" face aux BIB

Vendredi 01 octobre 2021 par Laurie Andrès

La croissance des ventes de BIB tendrait à stagner.
La croissance des ventes de BIB tendrait à stagner. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Bousculée par l’arrivée du Bag-in-Box dans les linéaires de vins, la bouteille de vin en verre compte bien user des ses atouts pour contrer le développement des contenants en carton dont les français ont été friands pendant la crise sanitaire.

Les producteurs de bouteilles de vin en verre se font du souci. Dans une étude commandée par la Fédération des Industries du Verre auprès des panels IRI, il y a des chiffres qui ne trompent pas sur le développement des ventes de vin en BIB dans les supermarchés et hypermarchés. En 2020, 43 % des vins tranquilles vendus en grande distribution ont été vendus en BIB. Une part qui signerait la paupérisation des linéaires en s’appuyant sur une segmentation différenciée pour les verriers.

« Le prix est le principal critère d’achat d’un BIB, le critère d’achat d’une bouteille est surtout la qualité » renchérit Jacques Bordat, le président de la Fédération des Industries du Verre (FDIV). « Le BiB a su capter une clientèle traditionnelle portée auparavant sur les cubis, il y aussi des grands domaines et châteaux qui se sont positionnés sur ce type de contenant, cela reste néanmoins une stratégie de volume, donc de prix », affirme Serge Cosialls, dirigeant de la société de négoce Terranea.

"Plastic bashing"

Pour contrer la concurrence, le verre a un atout, sa recyclabilité (4 bouteilles sur 5 en France), et une cible, les matières du BIB (emballage carton et poche plastique). « Le verre recyclé est notre première matière première, nous avons une très forte ambition sur la notion de recyclabilité », déclare Jacques Bordat. La recyclabilité étant un enjeu sociétal et environnemental de la société du « plastic bashing », l'argument serait de poids face au BIB qui mise avant tout sur une stratégie de volume/prix. Mais en affichant cependant un bilan carbone satisfaisant (un BIB de 3 litres affiche un bilan carbone 6 fois moins élevé qu'une bouteille de 0,75cl) .

Innovation et valeur ajoutée

Là où le BIB semble marquer des points avec un marketing audacieux (en faisant appel à des chefs étoilés, comme en mars dernier Thierry Marx), le verre, porté par le marché de la bière, contre-attaque en ouvrant le champ des possibles (bouteilles innovantes, gravées, du vert à l’ambre, formes innovantes, les bouteilles se transforment à l’infini...). « Nous sommes une filière créative et participons à l’image et la valeur ajoutée du marché », affirme Jacques Bordat.

Occupant en moyenne 20 % des linéaires en GMS en France, le BIB a longtemps souffert de son image d’emballage de vins médiocres et ne connaît un âge d’or que depuis les années 2000. Réservé à une consommation à domicile, il s’est affiché comme un format refuge pendant les confinements successifs. Mais reste avant tout réservé aux vins « faciles à boire ». Symbole d’une société qui se fracture, le BiB est aussi une réponse à un pouvoir d’achat qui s’érode et à une consommation décomplexée, là où la bouteille de vin prône son assise sur le marché.


 

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