LE FIL

Millésime 2021

Un profil de vins frais qui ravit les acheteurs languedociens

Vendredi 01 octobre 2021 par Marion Bazireau

Recevant déjà des appels de courtiers décidés à venir déguster rapidement pour assurer leurs arrières, les caves sont souvent déjà en train d’élever sur lies et de stabiliser les vins.
Recevant déjà des appels de courtiers décidés à venir déguster rapidement pour assurer leurs arrières, les caves sont souvent déjà en train d’élever sur lies et de stabiliser les vins. - crédit photo : DR
Dans le Sud, le directeur scientifique de l'Institut Coopératif du Vin assure que les négociants sont satisfaits de l’acidité des vins blancs et rosés. De quoi rafraîchir les vins du millésime 2020 et utiliser moins de SO2.

Il y a un mois, Daniel Granès était surpris par les teneurs très élevées d’acide malique des moûts blancs et rosés. « J’ai rencontré peu de notes végétales mais je les ai trouvés très citronnés, voire mordants » racontait-il, s’inquiétant de l’accueil que les acheteurs leur feraient.

Le voilà rassuré. « Les gros faiseurs, comme Castel, les Grands Chais de France ou Gérard Bertrand sont vraiment contents de ce qu’ils goûtent. Ils se disent aussi qu’ils vont pouvoir s’en servir pour rafraîchir les vins du millésime 2020, et que, grâce aux pH bas, il faudra peu de SO2 pour limiter les développements microbiens » rapporte le directeur scientifique de l’Institut coopératif du vin (ICV).

"Les courtiers prêts à déguster"

Recevant déjà des appels de courtiers décidés à venir déguster rapidement pour assurer leurs arrières, les caves sont souvent déjà en train d’élever sur lies et de stabiliser les vins.

Beaucoup de viticulteurs ayant estimé le poids de leurs grappes à l’œil pour préserver leurs volumes, elles rencontrent des soucis logistiques et ont du mal à remplir les cuves destinées aux vinifications rouges traditionnelles. « Personne n’est équipé de cuves à fonds mobiles, et les petites cuves sont utilisées pour les vins écoulés » relate Daniel Granès.

Le casse-tête va continuer avec la dégradation de l’état sanitaire et l’accélération des vendanges. « La majorité des raisins destinés au vin de pays sont encuvés mais les carignans démarrent dans tout le Sud, il reste environ un tiers de grenache, et les syrahs des zones d’appellation de la Vallée du Rhône nord » reprend Daniel Granès.

Bien travailler les rouges en sous-maturité

Pour éviter la pourriture, beaucoup de raisins vont être récoltés avant leur pleine maturité. Les vins qui ne sont pas consommés dans l’année vont devoir être bien travaillés.

Partout où cela est possible, Daniel Granès recommande l’utilisation de copeaux et de levures inactivées pour augmenter la teneur des vins en polysaccharides et gagner du gras, « de sorte qu’ils ne soient pas asséchants. Je pense que plusieurs vignerons vont aussi en utiliser à l’encuvage en prétextant le risque de fortes doses d’ochratoxine ».

"Préserver les marchés"

La bioprotection sur vendange est un bon moyen de limiter les développements microbiens.

Pour aider les vignerons à adopter les bons gestes, l’ICV va republier toutes ses fiches conseils sur les vendanges altérées. « Et nous sommes très présents en cave pour leur remonter le moral, les aider à bien travailler, afin qu’ils ne perdent pas trop de marchés ».

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