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Emploi saisonnier
Ce vigneron boucle son recrutement de vendangeurs en une vidéo décapante

Face à la galère des recrutements de saisonniers, Anthony Castaing s'est approprié les codes des contenus viraux sur les réseaux sociaux pour déclencher un afflux de candidatures inespéré à Monbazillac.
Par Alexandre Abellan Le 29 septembre 2021
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Ce vigneron boucle son recrutement de vendangeurs en une vidéo décapante
« Si toi aussi tu veux avoir la chance de porter cette tenue seyante que même chez Hugo Boss ils ne font pas, ou bien de venir expérimenter avec ces bottes en plastique des mycoses des pieds, n’hésite pas, rejoins-nous » s’amuse Anthony Castaing. - crédit photo : Capture d'écran Facebook
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râce à un sens de l’humour à rebrousse-poil parfaitement calibré pour les réseaux sociaux, « cette vidéo a été un facilitateur de recrutement énorme » résume Anthony Castaing, le vigneron de Monbazillac à la tête du domaine de Grange Neuve (92 hectares en production, dont 50 ha récoltés à la main). Publiée sur Facebook ce 20 septembre, la vidéo d’appel aux candidatures pour les vendanges 2021 a récolté 20 000 vues depuis et permis de recruter la dizaine de vendangeurs saisonniers qui manquaient à l’appel. La clé de ce succès se trouve dans le ton de ce clip résolument décalé, qui parodie ouvertement la vidéo « la question elle est vite répondue » de Jean-Pierre Fanguin, trader en cryptomonnaies (du « salut à toi jeune entrepreneur » en passant par les chiffres, le vin effervescent et le « bisou » final).

Comme l’indique le message accompagnant cette vidéo, elle est « à visionner avec une bonne dose d’humour et de dérision, sinon cela peut choquer », Anthony Castaing jouant, avec un plaisir potache visible, une partition tenant de l’humour noir. « Nous t’apprendrons à dégainer le sécateur aussi vite que Clint dans le Bon, la Brute et le Truand. Sachant que le bon c’est toi aux vendanges, la brute et le truand c’est moi, le patron » réplique ainsi le vigneron à l’écran, concluant sur un « viens essayer, de toute façon si t’es trop mauvais je te vire à la fin de la période d’essai ».

Quota dépassé

« Je n’ai jamais viré quelqu’un avant la fin de la période d’essai » s’amuse Anthony Castaing, qui précise avoir embauché plus de saisonniers que de nécessaire, si jamais certains n’ont pas la vocation au final. Tout en soulignant la vraie nécessité à l’origine de cette publication. « J’ai besoin chaque année d’une trentaine de vendangeurs, j’étais inquiet de ne pas avoir bouclé ma liste » indique le producteur périgourdin, qui commence la semaine prochaine ses vendanges et renvoie désormais les nouvelles candidatures à ses voisins (« je fais leur bonheur ! »).

N’ayant pas eu de succès à la suite d’une annonce passé à Pôle Emploi, Anthony Castaing est persuadé qu’une publication classique sur les réseaux sociaux ne lui aurait pas permis de recruter. « Selon les années c’est plus ou moins compliqué de recruter. C’est très galère cette année, sans doute à cause des vendanges tardives » analyse le vigneron, qui compte réfléchir à des solutions de logement et de nourriture pour recruter plus facilement des vendangeurs à l’avenir. « Pas sûr que la vidéo marche à chaque fois ! » conclut-il.

 

 

« Salut à toi jeune vendangeur, ou moins jeune, et au féminin c’est aussi bien. Savais-tu que 34 % des gens qui viennent aux vendanges repartent avec un mal de dos ou une coupure au doigt ? Et pour les plus malchanceux avec les deux. Néanmoins 92 % disent que c’est une expérience fantastique qu’ils recommandent à tout le monde » pointe Anthony Castaing.

 

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