LE FIL

Millésime 2021

Le vignoble alsacien sollicite des aides face à la faible récolte

Mercredi 08 septembre 2021 par Christophe Reibel

« Le millésime 2021 est éprouvant. Son impact varie beaucoup selon les exploitations » déclare Gilles Ehrhart à la tribune de l’Ava.
« Le millésime 2021 est éprouvant. Son impact varie beaucoup selon les exploitations » déclare Gilles Ehrhart à la tribune de l’Ava. - crédit photo : Christophe Reibel
La vendange très inégale en volume qui s’annonce en 2021 incite l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava) à actionner tous les leviers d’aides au profit des exploitations qui seront fortement impactées.

« Nous sommes au devant de grandes difficultés. Nous serons dans le dur l’année prochaine » avertit Gilles Ehrhart, présidant ce mardi 7 septembre à Colmar sa première assemblée générale de l’Ava. Son sentiment se fonde sur les perspectives des vendanges qui démarrent le 13 septembre pour l’appellation crémant d’Alsace et le 20 pour les Alsace génériques, mais qui promettent d’être très étalées dans le temps en raison de l’hétérogénéité de la maturité.

Selon les secteurs, les entreprises et le cépage, la perte de potentiel de récolte provoquée par le mildiou et l’oïdium est estimée entre -20 %, dans le meilleur des cas dans la partie nord du vignoble, et -80 %, voire -90 % dans les pires situations notées tout au sud. Le modèle prédictif du Conseil Interprofessionnel du Vin d'Alsace (Civa) table sur 917 000 hectolitres pour les 15 600 hectares du vignoble alsacien. Soit un rendement moyen prévisionnel de presque 59 hl/ha, alors que les rendements autorisés cette année s’échelonnent entre 55 et 70 hl/ha selon le cépage.

Possibilité d’achat ouverte de moûts et de raisins

Pour permettre aux exploitations les plus impactées par les maladies de s’en sortir, l’Ava a dressé la liste des aides accessibles aux viticulteurs. Il s’agit de faire jouer les assurances pour excès d’eau, de rentrer dans le dispositif de réduction des cotisations sociales avant la date limite du 30 septembre fixée pour le dépôt des dossiers, de voir s’il est possible pour quelques domaines d’émarger à l’enveloppe prévue pour indemniser le gel d’avril, de profiter d’un dégrèvement partiel pour la taxe sur le foncier non bâti. Le représentant de la Direction départementale des territoires (DDT) indique que la perte de fonds concernant les jeunes vignes et les pépinières sera examinée en 2022. Pour la récolte à venir, un arrêté préfectoral du 7 septembre autorise d’ores et déjà les vignerons indépendants (ainsi que les coopératives) haut-rhinois a acheter 5 % de vins faits et jusqu’à 80 % de moûts et/ou de raisins. Ces transactions sont à baser sur la moyenne de l’ensemble des vins déclarés par l’entreprise ces cinq dernières années. Elles se font avec le même numéro d’accise que pour les vendanges et elles doivent être bien entendu tracées. Les exploitations n’étant guère favorables à souscrire de nouveaux Prêts Garantis par l’Etat (PGE), l’Ava milite pour leur accorder une année blanche en annuités. Elle verrait bien la MSA, les banques et l’Etat se partager cette charge à hauteur d’un tiers chacun…

Le volume estimé de la nouvelle récolte correspondrait peu ou prou au rythme actuel des ventes. Calculé sur douze mois à fin juillet, il s’établit à 890 296 hl, soit encore 3,8 % en-dessous de son niveau de 2019 à la même date. Sur l’ensemble de l’année 2021, l’interprofession table sur un rythme de vente remontant à 903 000 hl et un stock prévisionnel de 32 mois de vente, récolte 2021 comprise.

 

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