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14,84 hl AP/ha
Vendange rescapée et réserve débloquée à Cognac

Éprouvé par un millésime 2021 difficile, le vignoble charentais prévoit une récolte dans la moyenne décennale, qui va être complétée par la libération des stocks de climatique pour répondre aux besoins du marché.
Par Alexandre Abellan Le 06 septembre 2021
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Vendange rescapée et réserve débloquée à Cognac
Loin d’être précoce, le millésime 2021 s’annonce actuellement qualitatif rapporte Anthony Brun. Avec des taux d’azote dans les baies annonçant des fermentations alcooliques facilitées et une acidité propice à la conservation des vins. - crédit photo : UGVC
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éuni ce 3 septembre, le comité permanent du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC) valide à l’unanimité un rendement commercialisable de 14,84 hectolitres d’alcool pur par hectare (hl AP/ha) pour répondre aux besoins actuels du marché. Alors que le réseau de suivi de maturité de la Station Viticole du BNIC prévoit actuellement un rendement agronomique/théorique de 10,88 hl AP/ha*, dans la moyenne décennale, la décision du BNIC doit conduire à la libération de 80 000 hl AP de la réserve climatique actuellement constituée. Soit la moitié des 157 000 hl AP recensés note Anthony Brun, le président de l’Union Générale des Viticulteurs pour l’AOC Cognac (UGVC), à l’issue de sa réunion de prévendanges ce 3 septembre (à Châteaubernard).

« Pour la viticulture comme pour le négoce, nous sommes très satisfaits de pouvoir fournir les marchés à leurs niveaux de croissance au vu de la complexité du millésime » souligne le bouilleur de cru, qui souligne que les incertitudes se sont accumulé ce millésime 2021, pesant sur le moral vigneron. « Il y a la crise covid, les taxes américaines ce début d’année, le temps passé à veiller les vignobles pendant les nuits de gel [de printemps], la surcharge de travail lié à la pluviométrie (mildiou et végétation) » liste Anthony Brun, pour qui le millésime se résume à un mot : « éreintant ».

Bonne fortune

Si le vignoble charentais arrive sur les rotules en période de vendanges, il reconnait avoir la chance d’avoir encore des raisins à récolter. « Ce n’est pas le cas de tous les autres vignobles » reconnaît le président de l’UGVC, qui souligne la bonne fortune relative de Cognac : des dégâts de gel limités à -15 % en moyenne (avec un effet compensateur du renouvellement des parcelles, réduisant la partes ceps improductifs) et des pluies excessives de juin/juillet ayant permis d’éponger le déficit hydrique d’août (en évitant tout stress aux vignes).

Les vendanges doivent débuter entre le 20 et le 25 septembre prochains, Anthony Brun souligne que les prévisions peuvent encore évoluer. Faisant face à des situations très hétérogènes (selon les gelées, les calendriers phytos…), les vignerons charentais pourront décider de débloquer leur réserve climatique (s’ils en ont une) au moment de leur déclaration de récolte (une autorisation devant ensuite être émise par le BNIC pour que les eaux-de-vie stockées en inox passent à l’élevage sous bois en avril 2022).

Protection contre un coup dur

Avec cette libération de stock, « notre protection contre un coup dur pour l’année suivante diminue, mais si l’on n’utilise pas la réserve climatique quand nous manquons de production, nous ne l’utiliserons jamais… Elle joue pleinement son rôle » estime Anthony Brun, qui rappelle la volonté interprofessionnelle de constituer une réserve climatique de 400 à 500 000 hl AP. « On en est loin aujourd’hui, on en sera encore plus loin demain » pointe le président de l’UGVC.

Tablant sur une croissance maintenue de ses commercialisation, Cognac compte poursuivre ses plantations. Ayant fixé les 14,84 hl AP/ha de rendement commercialisable, le business plan interprofessionnel prévoit ainsi de planter 3 129 hectares de nouvelles vignes sur les trois prochaines années (contre 2 300 ha en 2021 et 3 600 ha sur les deux précédentes années). Cette hausse du potentiel de production accompagne les croissances des exportations charentaises, qui ont retrouvé leurs niveaux pré-crise sanitaire. « Au moment du premier confinement, on pensait que l’impact commercial durerait trois ans (une année de baisse et deux de croissance progressive). Tout compte fait, on s’aperçoit maintenant que l’on est revenu au niveau d’avant crise et que l’on a déjà absorbé la baisse d’activité » conclut Anthony Brun.

 

* : Avec 110 hectolitres de vin par hectare et un titre alcoométrique de 9,8°.alc.

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