LE FIL

Règlements de comptes à LanguedOK Corral

Vendredi 03 septembre 2021 par Alexandre Abellan

Vigilance météo : l’avis de tempête pesant sur la filière des vins languedociens s’épaissit. S’il n’y a pas un nuage de pluie dans le vignoble pour rafraîchir les vendanges en cours (marquées par la sécheresse), le ciel est menaçant au-dessus du Conseil Interprofessionnel du Vin du Languedoc (CIVL). Ne décolérant pas depuis son éviction du collège du négoce après vingt ans d’accord tacite, la Fédération Régionale des Metteurs en Marché est prête à aller jusqu’au bout de l’éclatement de l’interprofession languedocienne si ses représentants ne sont pas réintégrés à l’assemblée générale (une position soutenue par quatre syndicat AOC).

Alors que les metteurs en marché direct affirment leur détermination, l'Union des Entreprises Viticoles Méditerranéennes (UEVM) indique son incompréhension et le CIVL se retranche dans la discrétion (ne souhaitant pas commenter). Chacun reste dans son rôle et les négociations semblent être au point mort, pour ne pas dire inexistantes. Sauf sursaut, le dénouement de l’affaire se fera donc devant la justice, avec une audience ce 4 octobre au tribunal judiciaire de Narbonne pour étudier la légalité de l’assemblée élective du CIVL du 2 juillet. Technique, le dossier pourrait s’enliser dans les méandres judiciaires, ce qui alimenterait un pourrissement de la situation déjà bien envenimée.

Actuellement impossibles à chiffrer, les suspensions de versements des Cotisations Volontaires Obligatoires (CVO) demandées par les metteurs en marché direct et les 4 syndicats rebelles ne peuvent que fragiliser la trésorerie du CIVL (déjà amputée par le départ l’an passé du Minervois et les commercialisations chaotiques de la crise sanitaire). Alors que la nouvelle campagne de communication se lance, ces tensions contreproductives sont unanimement regrettées. Chacun voyant l’autre jouer contre son camp, celui du collectif. En terres de rugby, il est plus que nécessaire de réunir les familles du vin languedocien pour en pérenniser la filière. « Et la famille, enracinée sur le coteau qu'elle a planté, refleurit d'année en année, collective immortalité ! » écrit Alphonse de Lamartine dans son poème Jocelyn (1836).

 

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