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Objectif 1 million hl
L'IGP Méditerranée s'affirme en socle compétitif des vins de Provence

Lançant sa première campagne de communication nationale, l'indication géographique protégée méridionale affiche sa confiance dans ses développements commerciaux. Si le gel pourrait peser, le besoin en irrigation inquiète aussi pour l'avenir.
Par Alexandre Abellan Le 04 août 2021
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L'IGP Méditerranée s'affirme en socle compétitif des vins de Provence
« IGP Méditerranée, l’imaginaire avec un grand M » annonce la campagne sous le signe du « Rosé Méditerranée ». - crédit photo : Intervins Sud Est
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éployée sur les panneaux d’affichage, les ondes radio et les réseaux sociaux, la première campagne de communication de l’Indication Géographique Protégée Méditerranée marque une étape dans le développement du vin de pays du Sud-Est*. Représentant la moitié des vins IGP du bassin viticole, « ça prend des dimensions plus sérieuses et ce n’est pas fini. Nous avons l’objectif d’atteindre 1 million d’hectolitres dans 4 à 5 ans [avec 800 000 hl produits en 2020, dont 70 % de rosés]. Ce qui n’est pas démesuré quand les trois AOP de Provence représentent 1,3 million hl » analyse le négociant Roger Ravoire, le président de l’interprofession des vins à Indication Géographique Protégée du Sud-Est (Intervins Sud-Est), dont le mandat s’achève cet été (pour revenir à la production).

Se positionnant à la base de la pyramide d’offre des vins rosés du Sud-Est, « l’IGP Méditerranée s’est développée tranquillement ces dernières années dans le sillage de la Provence, qui était et reste notre locomotive » souligne Roger Ravoire. Le négociant désamorce toute compétition destructrice de valeur ou de marché, en estimant qu’« aujourd’hui la dynamique du rosé est tellement forte qu’il y a de la place pour tout le monde. Le marché continue de croître. Ce sont les producteurs et négociants de Provence qui ont créé la dynamique à l’export de l’IGP Méditerranée, quand les prix provençaux ont augmenté, leurs clients ont demandé des produits plus compétitifs. »

La dénomination performe

Socle des rosés de Provence, le signe de qualité est confiant dans l’avenir. En 2021, l’IGP Méditerranée table sur une croissance de 10 à 15 % de ses ventes. Cet optimisme commercial s’appuie sur les chiffres du premier trimestre 2021, où « l’IGP Méditerranée est la dénomination qui a la plus progressé en volume et en valeur sur le marché français, notamment en GD ou elle performe (18 % selon les panels IRI) » indique un communiqué, ajoutant qu’« à l’export, les vins rencontrent un très beau succès avec une explosion des ventes de janvier à avril 2021 (+ 64 % en volume et + 84 % en valeur par rapport à 2020) ».

Soulignant un développement export récent (notamment en Amérique du Nord et en Europe du Nord), Roger Ravoir souligne l’importance pour l’IGP Méditerranée de « s’affirmer tant en réseau Cafés, Hôtels et Restaurants (CHR) qu’en grande distribution ». Principale ombre au tableau, l’impact du gel du printemps 2021 sur les futurs équilibres de marché. « Nous avons beaucoup de mal à avoir un prévisionnel, mais espérons avoir suffisamment de vin. Nous pensons vendre 550 à 600 000 hl sur la campagne, quand la production 2020 était de 800 000 hl. Avec des prévisions de vente de 650 000 hl sur la prochaine campagne, il faut au moins 500 000 hl de production en 2021 » analyse le négociant, soulignant que ce n’est pas gagné, comme les IGP se trouvent dans des zones basses, gélives.

Irriguer l'avenir

Si le gel est le souci de l’année, celui de l’irrigation s’inscrit dans le long terme pour Roger Ravoire : « je me suis battu en tant que président d’interprofession pour sortir du sacro-saint dogme de l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité) interdisant d’irriguer pour faire un bon vin. C’est ridicule, comme si on disait que pour être performant au sport il ne fallait pas boire d’eau… » Le débat vient d'être ouvert nationalement, entre AOP et IGP, tandis que les investissements régionaux se poursuivent.

 

* : Avec 946 caves particulières, 124 caves coopératives et 154 négociants, l’IGP réunit actuellement 10 900 hectares de vignes sur dix départements : Alpes de Haute Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Ardèche, Bouches-du-Rhône, Drôme, Var, Vaucluse, Corse-du-Sud, Haute-Corse.

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