LE FIL

Récolte quasi-normale

Le Beaujolais, seul vignoble français rescapé du terrible millésime 2021 ?

Jeudi 22 juillet 2021 par Clément L’Hôte

Si les conditions se maintiennent en l'état, les rendements s'annoncent dans la moyenne basse pour le vignoble du Beaujolais.
Si les conditions se maintiennent en l'état, les rendements s'annoncent dans la moyenne basse pour le vignoble du Beaujolais. - crédit photo : INter Beaujolais (Etienne Ramousse, 2018)
Le gamay du Rhône a traversé le gel d’avril sans dégâts majeurs. Si la pression sanitaire ou d’autres aléas climatiques n’en décident pas autrement, le Beaujolais pourrait être l’un des rares vignobles de France à prétendre à une récolte correcte en 2021. Le témoignage de deux grandes maisons.

« L’année est atypique, mais je relativise : beaucoup de confrères dans d’autres régions ont subi beaucoup plus de dégâts ». Emeric Teyssou, chef de culture de la maison Henry Fessy, reconnaît sa chance. Un constat partagé par de nombreux producteurs de la région : le Beaujolais a été relativement peu touché par le gel d’avril 2021. L’un des seuls vignobles préservés, avec l’Alsace et les Pyrénées-Orientales. Comment l’expliquer? Des températures moins dévastatrices qu’ailleurs pour certains, et un gamay qui commençait à peine à débourrer quand le gel a frappé. Le cépage est aussi capable de produire des contre-bourgeons fructifères.

Tout n’est pas rose pour autant. « On remarque quand même des dégâts dans la partie sud beaujolais, plus que dans les crus », observe Florent Georger, directeur technique de Mommessin, maison qui travaille avec des partenaires répartis sur l’ensemble du Beaujolais. Et « le gel a été dévastateur dans les chardonnays », cépage représentant 2 % des surfaces de la région. D’autant que la pression sanitaire commence à se fait sentir. « Le mildiou pose problème. On attend avec impatience le retour du soleil et de la chaleur, sans quoi cela peut devenir délicat » anticipe Florent Gorger. Même constat pour Emeric Teyssou : «On a très peu de fenêtres pour traiter, il faut énormément d’observation ».

Potentiel : 40 hl/ha

Jusqu’ici, les rendements s’annoncent « dans la moyenne basse » d’après la Chambre d’Agriculture du Rhône. Potentiellement 40 hl/ha de moyenne, pour la maison Henry Fessy comme pour Mommessin. « Le message est très positif pour les marchés, dans le contexte d’une forte demande de nos vins » rapporte Florent Georger, qui espère « un millésime pas au raz des pâquerettes » en quantité. La qualité est également attendue, la grêle n’ayant jusqu’ici frappé que de manière très localisée.

Mais la vendange est loin : les grappes atteignent actuellement le stade de la fermeture et « n’ont véré nulle part, contrairement à l’année dernière» remarque Emeric Teyssou. Les vendanges s’annoncent donc entre le 10 et le 25 septembre, des dates plutôt tardives par rapport à la moyenne des dernières années.

 

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