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Changements de génération et de paradigme
Les réussites des transitions démographiques et agroécologiques du vignoble sont liées

Les analystes du groupe bancaire BPCE appellent les exploitants préparant leur retraite à ne pas cesser d'investir dans leur outil de production pour en faciliter la transmission.
Par Alexandre Abellan Le 22 juillet 2021
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Les réussites des transitions démographiques et agroécologiques du vignoble sont liées
Devant être anticipé, le défi du renouvellement des générations peut devenir une opportunité de gain de compétitivité. - crédit photo : BPCE
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ondant par téléphone 1 359 agriculteurs (dont 431 viticulteurs), la dernière enquête du groupe Banque Populaire Caisse d’Epagne (PBCE) fait état de deux préoccupations arrivant ex-aequo en première position : l’amélioration de la protection santé du sondé et de ses proches et la préparation de sa retraite (toutes deux pour 43 % des répondants). En hausse de 5 points par rapport aux données de 2019, l'inquiétude de la fin d'activité est talonnée par celle concernant les enjeux de cession et de transmission (35 %, +3 points). Ces préoccupations de fin de carrière s’expliquent par la pyramide des âges agricoles : 45 % des sondés ont plus de 55 ans note Alain Tourdjman, le directeur des études économiques de BPCE, ce 20 juillet en visioconférence de presse.

Ce cap des 55 ans représenterait une véritable « césure » dans la population agricole pour l’analyste, qui y voit une source de rupture dans les stratégies d’adaptation. Définis statistiquement, trois groupes d’entreprises sont distinguables selon l’observatoire de BPCE : un modèle traditionnel de dirigeants plutôt âgés, exploitant un domaine de petite taille (moins de 100 000 € de chiffre d’affaires) et peu enclins au changement (40 % des sondés), un groupe plus porté sur la transformation par l’agroécologie et la différenciation (vente directe, énergie, tourisme… pour 20 % des sondés) et des entreprises optant pour la concentration (suivant une logique de montée en taille et d’investissement, pour un tiers des sondés) .

Transmission relativement fluide

Face aux défis d'avenir de la ferme France, l’enjeu est de « créer des conditions d’une anticipation de reprise des exploitations [ce qui] allonge également l’horizon de l’exploitant agricole, sa capacité à se dire "je peux continuer à investir même si je dois arrêter dans 3 ou 5 ans" » explique Alain Tourdjman. Pour l’analyste, ce maintien des investissements permet de consolider la compétitivité des exploitations, autant économiquement qu’agroécologiquement. « Il y a quelque chose qui me semble profondément vertueux [avec] une mise à niveau des exploitations et donc une transmission relativement fluide, puisqu’elles auront la capacité d’être en phase avec l’évolution de leur marché » renchérit l’expert, concluant que « réussir la transition démographique qui est en cours, va manifestement être un moyen de réussir également la transition économique du modèle d’exploitation ».

 

 

 

Stratégies d’adaptation

L’observatoire de BPCE a également constaté quatre grandes stratégies de transformation des agriculteurs face aux enjeux économiques et sociétaux. Selon Perrine Lantoine Rejas, responsable de projets stratégique du groupe, ces axes stratégiques sont : la croissance (agrandir l’exploitation pour atteindre une taille critique et éventuellement accueillir des capitaux extérieurs), la diversification (développer d’autres activités, non dépendantes d’aléas climatiques*), l’agroécologie (pour répondre aux demandes des consommateurs, des pouvoirs publics et des agriculteurs**) et la mutualisation (adhésion à une cave coopérative, investissements communs en CUMA…)

 

* : Ainsi 43 % des viticulteurs sondés réalisent actuellement de la vente directe et 5 % l’envisagent sous 5 ans. 8 % des viticulteurs ont mis en place une activité de production énergétique et 12 % l’envisagent sous 5 ans.

 

** : Cette transition agroécologique se traduit par des engagements vers les certifications environnementales et de nouvelles pratiques culturales. Ce qui impliquent des investissements matériels pour 52 % des viticulteurs sondés et le recrutement de main d’œuvre pour 38 %.

 

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