LE FIL

Pr. Pierre-Louis Teissedre

"La consommation modérée de vin concourt à notre bien-être, et donc à notre santé"

Vendredi 23 juillet 2021 par Alexandre Abellan

Face aux appels au 'zéro consommation' d’alcool, le professeur Pierre-Louis Teissedre souligne que « le risque zéro n’existe pas » en matière de santé, et que tout est question de dose. Pour ne pas dire de modération.
Face aux appels au 'zéro consommation' d’alcool, le professeur Pierre-Louis Teissedre souligne que « le risque zéro n’existe pas » en matière de santé, et que tout est question de dose. Pour ne pas dire de modération. - crédit photo : ISVV (EPerrin)
Le nouveau président de la commission Sécurité et Santé de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin plaide pour une prise en compte de la qualité de vie dans les études épidémiologiques sur les boissons alcoolisées.

« L’usage, ce n’est pas l’abus » pose le professeur Pierre-Louis Teissedre, le nouveau président de la commission Sécurité et Santé de l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (depuis son élection en assemblée générale, ce 12 juillet). Enseignant chercheur à l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (l’ISVV, à Bordeaux), l’expert a déjà vu de nombreuses attaques hygiénistes contre la consommation de vin. La dernière en date, portée par l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), s’inscrit pour lui dans la « tendance de l’appel à la zéro consommation. C’est un radicalisme tranquille ».

Rappelant que la lutte contre les consommations excessives fait largement consensus, et que pour les personnes ayant un problème avec l’alcool l’abstention est à privilégier, Pierre-Louis Teissedre défend une approche scientifique équilibrée des bénéfices et risques des effets du vin sur la santé. « Si je le consomme avec modération durant le repas, le vin apporte du plaisir, des saveurs et de l’émotion. C’est essentiel pour la joie de vivre. Quand on en est privé, c’est une perte. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la santé comme un état complet de bien-être physique, mental et social. Il n’y a pas que l’absence de maladies et d’infirmités. Il faut prendre en compte toutes les dimensions de la santé. Cela inclut le bien être, dont on ne parle pas ou peu dans les études » souligne l’expert, pour qui « on doit conserver et mettre en valeur la consommation de vin avec modération. La consommation modérée de vin concourt à notre bien-être et donc à notre santé. »

"Dimension psychique"

Présidant désormais la commission Sécurité et Santé de l’OIV, Pierre-Louis Teissedre annonce que « l’OIV devra travailler et faire des propositions pour prendre en compte cette dimension psychique, peu explorée ». L’œnologue bordelais va également militer pour la promotion de la consommation modérée. « En matière de consommation et de santé, l’éducation et la prévention sont plus efficaces que les politiques d’interdiction et de culpabilisation, qui n’ont jamais fait leurs preuves » souligne Pierre-Louis Teissedre, pour qui l’essentiel tient à ce que « le discours et les recommandations soient basés sur des études scientifiques crédibles, sérieuses et certifiées ».

 


 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
Benji Le 02 août 2021 à 23:58:31
Mme Valerie muray ou plutôt Murât avez vous devriez être condamné pour dénigrement envers l’agriculture française! Incapable de reconnaître les évolutions agricoles françaises ! Qu’attendez-vous vous pour attaquer les pollutions urbaines,les voitures,les lessives,les avions,les importations massives de vos amis du bio bussiness qui financent vos associations destructrices de nos savoir faire et de notre culture!
Valérie Muray Le 02 août 2021 à 19:05:46
Si M. Teissedre demande la.prise en compte de l usage de vin pour une bonne sante physique et psychique, que dire de l invisibilisation de l exposition aux pesticides de synthèse des ouvrier.e.s viticoles et des populations riveraines chaque année d avril à septembre pour produire ces même vins ???
Jollit Gérard Le 23 juillet 2021 à 18:49:43
Je suis entièrement dans le sens du Professeur Pierre-Louis Teissedre défendant une stratégie de consommation avec modération. Une information globale est nécessaire sur la viticulture, les traditions ancestrales et les boissons alcooliques industrielles auxquelles un nutriscore sur les bouteilles serait nécessaire. Depuis trois decennies ,on découvre une culture sur les alcools forts ,notamment sur les Sakés , Gins , Malts , etc... !!! et C'est là que la nouvelle génération s'engouffre. Ceci est le résultats de l'éducation familial en déroute depuis deux générations. Assez simpliste , je vous l'accorde mais à dévellopper. C'est la même parallele avec la nourriture et les repas familiaux où souvent trois générations se trouvaient autour d'une table et les traditions se transmettaient. Désormais , une campagne d'informations ( Marketing ) s'impose en commencant par les écoles HotelIères, écoles de restaurations, revendeurs de vins à tous les niveaux, restaurants semi-gastro , bistros , bars et petits gastronomes francais ou étrangers. Travail énorme mais j'en suis persuadé....🤔 mais efficaces. Gérard Jollit Gastronome Qualités , diversités des appellations , la Bio-Dynamie sont d'après moi le futur de la viticulture. Ne pas oublier également
dr marc tomas Le 23 juillet 2021 à 18:24:18
En tant que cardiologue, je ne peux que soutenir le point de vue du Professeur Teissedre. Les preuves du bienfondé de la consommation raisonnée du vin, rouge en particulier, existe depuis trente ans cette année et les observations du Pr Renaud. La qualité de vie est par ailleurs un critère reconnu dans la plupart des études cliniques portant sur les médicaments ou toute autre intervention dans le domaine de la santé. Il faut continuer à collecter ces données pour le vin ainsi que tout ce que l'on nomme les critères rapportés par les personnes ( satisfaction, impact mental, sommeil, etc...) afin de défendre les vignerons au mieux
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé