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Objectif résilience
Jean-Charles Tissot représide l'interprofession vins du Jura et son adaptation aux changements climatiques

Le viticulteur reprend la présidence du CIVJ avec la volonté de doter la filière jurassienne d'outils d'adaptation face aux aléas climatiques qui se succèdent : gel, mildiou, sécheresse...
Par Alexandre Abellan Le 16 juillet 2021
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Jean-Charles Tissot représide l'interprofession vins du Jura et son adaptation aux changements climatiques
Les gelées du printemps 2021 causeraient des pertes de récolte de 60 à 70 % en moyenne estime Jean-Charles Tissot, soulignant que les dégâts sont plus marqués dans le Sud du Jura, et plus hétérogènes au Nord. - crédit photo : DR
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e 5 juillet, Jean-Charles Tissot vient d’être élu à la présidence du Conseil Interprofessionnel des Vins du Jura (CIVJ). À 47 ans, le viticulteur de 11 hectares à Montigny-les-Arsures (coopérateur à la Fruitière d'Arbois) a déjà l’expérience de la fonction, l’ayant assurée de 2009 à 2017 (avec une année d’interruption, au profit du négoce entre 2011 et 2012). Succédant à Franck Vichet, Jean-Charles Tissot reprend le flambeau, se disant « conscient des difficultés de la fonction et des enjeux pour le vignoble du jura ». Affirmant sa volonté de maintenir une communication forte, pour le président du CIVJ, « le défi majeur, c’est le changement climatique et ses aléas : gel de printemps, sécheresses et coups de chaud l’été... Il faut absolument sécuriser les rendements et/ou les revenus. »

Soulignant qu’il s’agit d’un « sujet déjà abordé par la Société Viticole du Jura il y a quelques années », Jean-Charles Tissot note qu’à l’époque, « certains dans l’ancienne génération étaient peu convaincus. Certains disaient que pour une mauvaise année il y en aura une belle… » Mais après les fortes gelées de 2017 et 2019, le gel de 2021 est le coup dur de trop (d’autant plus que le mildiou est désormais explosif avec les fortes pluviométries des dernières semaines).

Additionner les solutions

Face à ces défis climatiques, « il faut additionner les solutions » plaide Jean-Charles Tissot, qui appelle à investir dans des outils préventifs, à retarder le débourrement avec des pratiques culturales différentes, à tester de nouveaux cépages (une procédure est en cours à l’INAO)… Et à déployer une réserve qualitative. « En 2018, nous avons constitué quelques volumes, surtout en crémant. Ça va servir de test, pour un outil peut-être plus adapté pour les vins blancs (où il n’y pas a problème pour faire de la réserve quand la nature généreuse), avec l’enjeu de ne pas encourager l’augmentation des rendements pour les rouges (ce qui pourrait être contreproductif au niveau qualitatif) » esquisse Jean-Charles Tissot.

Préoccupé depuis des années par les problématiques d’installation des jeunes et d’augmentation du prix du foncier, le président du CIVJ souhaite relancer le dossier d’accompagnement à l’installation sur les volets administratifs, techniques et financiers. Jean-Charles Tissot pressent désormais le défi de l’attraction des appellations d’origine : « certains opérateurs sortent des appellations, ce n’est pas normal. Il faut rappeler l’intérêt des AOC dans jungle des labels. »

 

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