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La filière vin claque la porte faute de rallonge pour ses investissements

Les représentants vitivinicoles n'ont pas supporté l'absence d'arbitrage favorable du ministère de l'Agriculture et ont quitté avec fracas le dernier conseil spécialisé de FranceAgriMer.
Par Alexandre Abellan Le 07 juillet 2021
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La filière vin claque la porte faute de rallonge pour ses investissements
La situation est d'autant plus incohérente que 'le gouvernement appelle à débloquer les investissements dans le plan de relance' regrette Georges Haushalter. - crédit photo : FranceAgriMer
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elote et rebelote. Nouveau conseil spécialisé vin tendu à FranceAgriMer ce 6 juillet, culminant de nouveau sur le départ soudain des représentants professionnels du vignoble et du négoce. Ayant demandé il y a trois semaines une réponse urgente à leur demande de deuxième modification budgétaire pour notifier les aides à l’investissement, la filière vin n’a pu que constaté l’absence d’avancée. « Nous n’avons pas de réponse depuis deux mois, ça nous a rendu hors de nous. C’est insupportable : on a plié bagage. Cela nous arrive de plus en plus souvent : la troisième fois en moins de deux ans » rapporte froidement Georges Haushalter, le vice-président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer.

« Pour moi, c’est une situation de blocage » résume Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France, qui lancé le mouvement de retrait face à « cette non-décision, cette tergiversation qui dure depuis des mois. C’est incompréhensible pour les entreprises qui attendent une réponse pour investir malgré les difficultés (covid, taxes américaines…) et c’est incohérent avec les messages quotidiens du plan de relance (qui appelle à investir). »

Rallonge de 10 millions €

Adoptée ce début avril, la première rallonge de 10 millions € monte l’enveloppe des aides à l’investissement à 192 millions €. Ce qui ne permet pas de répondre aux 2 200 dossiers déposés et nécessitant 216 millions € de fonds européens. Mais les annulations et contrôles de dossier ayant fait tomber à 202 millions € l’enveloppe nécessaire, « on suppose qu’il manque 10 millions €. Le refus d’une rallonge de 10 millions €, qu’est-ce que c’est dans un plan de relance qui manipule des milliards ? » s’agace Georges Haushalter, qui veut éviter les éliminations de dossiers à partir de critères de priorité environnementaux.

« Beaucoup d’opérateurs n’ont pas coché les cases d’amélioration environnementale pour leurs projets, comme elles ne sont utilisées d’habitude dans les appels à projet » indique le négociant bordelais, notant qu’il n’y pas eu de réponse de l’administration sur la possibilité de déposer des recours pour rattraper les dossiers lacunaires. Demandant de la flexibilité avec une deuxième modification budgétaire, la filière vin martèle que cette rallonge ne coûtera rien à la collectivité. « On sait déjà qu’il y aura 20 à 25 % de réfaction, ce n’est pas un enjeu budgétaire. Il y a toujours un delta entre les engagements et les décaissements » explique Jean-Marie Fabre.

RDV le 23 juillet

« Il va falloir que ça évolue très vite pour nous puissions investir et nous développer alors que nous arrivons à la veille des vendanges » avertit Josselin Ragot, le président des Jeunes Agriculteurs du Loir-et-Cher. « Les entreprises ne peuvent pas démarrer. Tant qu’il n’y a pas de notification, il est impossible de commencer les travaux, sinon il y a refus du dossier » renchérit Georges Haushalter. Alors que le prochain conseil spécialisé vin est prévu en octobre prochain, la filière attend des réponses plus rapides. Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, doit échanger avec le président du conseil vin, Jérôme Despey, ce 23 juillet.

Dans l’attente, « c’est assez préoccupant. Ça montre une certaine surdité des pouvoirs publics » analyse Georges Haushalter, qui évoque les blocages sur la restructuration différée et les problèmes informatiques récurrents sur les téléprocédure (comme pour le dispositif de promotion, dont la date de dépôt des dossier est reportée du 9 au 23 juillet).


 

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