LE FIL

Après les pluies

Le mildiou met la pression dans les vignes

Vendredi 02 juillet 2021 par Christelle Stef

Dans certaines parcelles, les sorties de taches de mildiou sont impressionnantes
Dans certaines parcelles, les sorties de taches de mildiou sont impressionnantes - crédit photo : Christelle Stef (photo d'archive)
Dans les vignobles septentrionaux, ainsi qu'à Bordeaux et à Cognac, les cumuls d’eau tombés en juin ont favorisé le mildiou et perturbé le renouvellement des traitements. Depuis le 28 juin, viticulteurs et techniciens observent des sorties de taches parfois importantes et des impacts sur grappes.

Mildiou : Vigilance maximale ! Tel était le message des conseillers viticoles, en cette dernière semaine de juin en Alsace, Champagne, Bourgogne, Centre, Bordelais, Cognac. Dans ces régions, les fortes précipitations survenues en juin ont fait monter la pression du champignon. « La situation est préoccupante. Sur les dix derniers jours on atteint des cumuls de pluies de 60 à 130 mm selon les secteurs. Depuis lundi 28 juin sur l’ensemble de l’Alsace, on observe une sortie de taches impressionnante sur le haut du feuillage et les entre-cœurs. Cela va de quelques taches par cep à plusieurs centaines selon les cas. Et on s’attend à ce que ça descende sur les grappes » indique Marie-Noëlle Lauer, de la chambre d’agriculture, le 30 juin. La technicienne recommande donc de maintenir des cadences serrées et de renouveler la protection dès qu’une fenêtre favorable se présentait. En bio, elle conseille des doses de 300 à 400 g de cuivre métal et de privilégier la forme hydroxyde qui a un effet « choc ».

Même chose en Bourgogne. La succession des épisodes pluvieux a lessivé les produits de contact et perturbé les renouvellements. A cela s’est ajouté la forte pousse qui a provoqué des entassements de végétation. « On est sur un fil. Jusqu’à présent la situation était globalement bien maîtrisée. Mais là, de nouvelles taches apparaissent chaque jour sur les jeunes feuilles. Dans les parcelles où il y a eu des dépassements de cadences ou du lessivage on s’attend à une explosion », indique Benoît Bazerolle. En conventionnel, les viticulteurs ont assuré avec des produits hauts de gamme. « ça se tient plutôt bien », observe le conseiller viticole Il est beaucoup plus inquiet pour les bios qui ne disposent pas des mêmes armes. « Ils ont fait ce qu’ils ont pu. Mais ils ont enchaîné les lessivages sur des vignes où la pousse était très rapide. On a atteint les limites ».

Des situations deviennent incontrôlables

Dans le Centre « On a des situations quasiment incontrôlables. Des secteurs ont pris 150 mm en 10 jours. Des viticulteurs n’ont pas pu intervenir pendant près d’une semaine à cause de l’érosion. Là il y a de grosses sorties sur feuilles et ça commence sur grappes. Il y aura des pertes de récolte significatives » déplore François Dal, du Sicavac à Sancerre, le 30 juin.

Dans le Bordelais, des taches fraîches apparaissent aussi sur la jeune végétation dans les zones très arrosées. Chez certains bios qui n’ont pas pu renouveler les traitements à temps, cette sortie pouvait être significative. « Mais pour le moment, pas de catastrophe. Les grappes atteignant la fermeture, leur période de plus forte sensibilité est passée » précise Cédric Elia, un conseiller indépendant. A Cognac, « depuis lundi dernier, on a des sorties massives sur feuilles et grappes dans certains secteurs, notamment dans les vignes installées sur des terres humides » note au même moment Magdalena Girard, de la chambre d'agriculture de Charente-Maritime.

En Touraine, la pression est également forte mais sous contrôle « Les viticulteurs ont toujours pu intervenir à temps » indique Michel Badier, de la chambre d’agriculture du Loir et Cher. Même chose dans le Var. « La pression est constante. On voit des symptômes un peu partout mais les traitements sont efficaces et les viticulteurs réactifs. Il n’y a pas d’explosion » précise Julie Mazeau de la chambre d’agriculture. Dans le Vaucluse et le Languedoc le mildiou ne posait pas de soucis, les précipitations ayant été bien moindres.

L'oïdium en embuscade

Côté oïdium, la situation est également tendue dans quelques vignobles, comme en Bourgogne. Et certaines parcelles commencent à avoir des symptômes significatifs, alors que la fermeture de la grappe n’est pas encore atteinte. « La pression est exceptionnelle. Elle ne laisse aucun répit aux vignerons. C’est le point de vigilance numéro 1 » prévient Benoît Bazerolle. Même chose dans le Centre «On voit très régulièrement des tâches sur feuilles dans les zones sensibles. Je pense que l’on va finir avec une pression énorme » indique François Dal.  En Alsace le champignon est également présent dans les secteurs sensibles, dans les parcelles où il y a eu des défauts de protection.

Dans le Var « Il peut y avoir de belles attaques dans les secteurs à historique sur le Carignan mais ailleurs, il n’y a pas de problème » précise Julie Mazeau. Dans le Vaucluse et le Gard, l’oïdium est également peu présent.

 

 

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