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Languedoc

Gérard Bertrand dévoile une cave "sanctuaire" pour son vin rosé premium

Mercredi 30 juin 2021 par Michèle Trévoux
Article mis à jour le 01/07/2021 09:17:51

Gérard Bertrand dévoile une cave
- crédit photo : Michèle Trévoux
Pour vinifier sa cuvée le Clos du Temple, Gérard Bertrand a fait construire à Carbières une cave aux allures de sanctuaire, plantée au cœur du vignoble de l’AOC Languedoc Cabrières.

Il faut lui reconnaître une qualité : Gérard Bertrand ne fait pas les choses à moitié. Pour symboliser la dimension quasi mystique de son cru, le Clos du Temple à Cabrières, le patron languedocien du groupe éponyme, a édifié au cœur de ce clos de 12 hectares, en plein cœur de l’appellation Languedoc Cabrières, une cave qui s’apparente plus au temple qu’à un outil de vinification.

Cet ensemble tout de verre et de béton, dessiné par l’architecte montpelliérain François Fontès, se fond dans la nature majestueuse de ce territoire vallonné de l’arrière-pays héraultais, grâce au parti pris végétalisé du projet architectural. Le toit, vaste coque de béton, est recouvert de 60 cm de terre où poussent diverses essences locales. Des piliers en calcaire sculptés dessinent, en extérieur comme en intérieur, des lignes verticales comme en réplique à la verticalité des troncs de la forêt avoisinante. « Nous ne voulions pas d’un site qui la ramène, mais plutôt un lieu qui sacralise » confie le Languedocien lors d’une première visite inaugurale, en compagnie d’une poignée de journalistes ce mardi 29 juin.

Cuves pyramidales

Au sous-sol de cette étrange bâtisse, une allée de onze cuves pyramidales noires, coiffées d’un pyramidion doré, ajoute à la singularité du lieu. Ces cuves en inox recouvert de bauxite, sont toutes d’une capacité différente (de 20 à 70 hectolitres), chacune étant dédiée à l’une des onze parcelles du domaine. Cette cuverie s’ouvre en son fond sur le chai à barriques avec son plafond de verre, qui donne sur la salle de réception à l’étage. Le rosé du Clos du Temple y est élevé sept mois en barriques ou demi-muids, dont 50 % de bois neuf. A l’étage, une vaste salle de réception habillée d’immenses murs de baies vitrées, offre une vue plongeante et spectaculaire sur le vignoble et les collines environnantes. « Cette architecture est une façon de capter le paysage avec des ouvertures qui laissent pénétrer la lumière. C’est également une ode à la verticalité, symbolisant le rapport étroit entre ciel et terre » commente François Fontès. La construction a été réalisée par une entreprise locale de maçonnerie, Philippe Peyre Construction, basée à Paulhan.

Quand en 2017, il découvre ce vignoble, le vigneron audois projette immédiatement d’y produire "le meilleur rosé du monde". « Cabrières a toujours été un terroir de rosé. On y produisait les vins vermeils autrefois servis à la table de Louis XIV. Les sols très particuliers de schistes entremêlés de blocs de calcaire, la résurgence de sources qui témoignent de la présence d’eaux souterraines pour une bonne alimentation hydrique de la vigne et le climat très tempéré se prêtent particulièrement bien à la production de rosé » assure-t-il. Le vignoble est composé de onze parcelles de vieilles vignes (40 ans en moyenne) plantées à flanc de coteaux : cinsault, grenache, mourvèdre, syrah et viognier constituent l’essentiel de l’encépagement. L’ensemble du vignoble est cultivé en bio et biodynamie, les sols sont travaillés à la traction animale par Banzaï, le mulet poitevin de la propriété. Ici, les rendements ne dépassent pas 30 à 35hl/ha. Les vendanges sont réalisées manuellement au petit matin, en cagette de 10 kg, et stockées pendant 24 h en chambre froide à 6°C.

6M€ d’investissement

La nouvelle cave, dont la construction a duré près de deux ans, accueillera ses premiers raisins pour les prochaines vendanges, sous la houlette de Benjamin Gadois, à qui Gérard Bertrand a confié la direction du domaine. Elle représente un investissement de 6 M€. L’unique cuvée du Clos du Temple, valorisée à 190 € la bouteille, est en développement régulier : 6000 cols ont été produits en 2018, 11 000 cols en 2019 et 20 000 cols en 2020. Le potentiel de production du vignoble est de 40 000 cols.

 

Les cuves pyramidales et le chai à barriques en sous-sol, largement ouverts sur la salle de réception à l'étage.

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