Accueil / Commerce/Gestion / La vente aux enchères des vins d'Henri Jayer attire des "acheteurs", pas des "investisseurs"

Attraction suisse
La vente aux enchères des vins d'Henri Jayer attire des "acheteurs", pas des "investisseurs"

Dimanche 20 juin 2021, la maison Baghera/wines a vendu aux enchères la cave de Lydie Jayer, fille aînée du "Roi du bourgogne". Un événement qui intervient trois ans après la vente record de la collection personnelle de son père. Si les sommes atteignent à nouveau des sommets, celles-ci sont plus raisonnables qu'en 2018.
Par Clément l'Hôte Le 22 juin 2021
article payant Article réservé aux abonnés
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
La vente aux enchères des vins d'Henri Jayer attire des
- crédit photo : Baghera/wines
6

08 000 francs suisses (512 000€) pour 12 bouteilles de Vosne-Romanée Cros Parantoux signées Henri Jayer,  238 000  francs suisses (217 000 €) pour un seul magnum de Richebourg (1978) du vigneron. Dimanche 20 juin à Genève, la vente de la cave de Lydie Jayer, fille aînée du « maître du pinot noir », a une nouvelle fois conquis les acheteurs.  Pour le plus grand plaisir de la maison Baghera/wines, qui orchestrait l’événement.

Pas les mêmes acheteurs qu’en 2018

« C’est avec une immense reconnaissance à Lydie, pour la confiance renouvelée tout juste trois ans après la vente historique de 2018 – et avec humilité, que j’ai eu l’honneur de proposer aux enchères, ce week-end, les dernières bouteilles sélectionnées par le maître Henri Jayer. Il n’y en aura plus d’autres de cette provenance » s’est ému Michael Ganne, directeur exécutif de Baghera/Wines, le marteau à peine posé. La vente, qui proposait également deux autres collections de vins rares de Bourgogne, a cumulé 6 millions d’euros de recettes, pour un total de 170 lots. Avec des enchérisseurs répartis « sur une vingtaine de pays, majoritairement en Asie, en Europe et aux États-Unis ».

Des chiffres astronomiques, mais d’une certaines manière plus raisonnables que ceux enregistrés en 2018 lors de la mise aux enchères de la collection personnelle d’Henri Jayer. Cette année, le résultat avait dépassé les 30 millions d’euros, record absolu pour une vente de vins fins. « C’est assez étonnant, le profil des acheteurs est complètement différent entre la vente Jayer de 2018 et celle de 2021» remarque Michael Ganne. « Ceux de 2018 ne sont pas revenus. C’était une folie. Aujourd’hui on retrouve plutôt des férus de vins. » Le Bordelais d’origine confirme par ailleurs que « le vin marche toujours bien, dans une période plus compliquée. Notamment les bourgognes, qui ont encore le vent dans le dos. Sur ce point, on ne peut pas se plaindre .»

Genève rassure

Ces dernières années, Baghera a enchaîné les ventes-événements de grands crus de la Côte de Nuits. Comment la maison, créée en 2015 seulement, obtient-elle la confiance des acheteurs ? « On a appris le métier chez Christie’s, à bonne école. Mais dans des structures de cette taille, il peut y avoir des blocages. Chez Baghera, on est plus petits, on peut apporter aux clients la folie qu’ils ont envie d’avoir », avance Michael Ganne. « On ne se prend pas au sérieux, ce qui n’empêche pas de bien travailler. »

Autre atout selon l’orchestrateur : « On travaille beaucoup à la mise en valeur des vins, avec un beau catalogue papier, où chaque lot est pris en photo. Idéalement, on souhaite toucher un public de passionnés, pour que ces vins soient bus. On est pas très fort sur les investisseurs. Les vignerons apprécient. Ça valorise le travail monstre qu’il y a dernière, des exploitants comme des salariés. »

Enfin, le dirigeant de Baghera salue l’image « rassurante » de Genève vis-à-vis des clients internationaux. « Il y a un côté "coffre fort" très apprécié. En créant Baghera, c’était une évidence pour moi de m’installer ici. » 

 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé