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Diam développe la filière du liège français en mécanisant sa levée

Dimanche 20 juin 2021 par Marion Bazireau

L’objectif est de pallier un manque de main d’œuvre, les leveurs de liège provenant aujourd’hui principalement d’Espagne ou du Portugal.
L’objectif est de pallier un manque de main d’œuvre, les leveurs de liège provenant aujourd’hui principalement d’Espagne ou du Portugal. - crédit photo : Diam Bouchage
10 ouvriers forestiers vont être formés d’ici la fin de l’année au maniement du Coveless, une scie électrique pourvue de capteurs mesurant l’épaisseur de l’écorce. Diam entend ainsi utiliser 5 000 tonnes de liège français, contre 300 aujourd’hui.

« C’est un projet réellement innovant, avec des perspectives pour le territoire, le patrimoine, l’environnement et la pérennité de toute une filière » s’enthousiasme Dominique Tourneix, le directeur général de Diam Bouchage (groupe Œneo), qui a lancé ce 17 juin une série de formations à la levée mécanique de liège français avec l’outil Coveless.

« Sa scie électrique fait le même travail que la levée manuelle à la hache. Elle écorce l’arbre sans l’abîmer, car elle dispose d’un capteur qui permet de mesurer l’épaisseur de la couche mère du liège de l’arbre et de régler la profondeur de la tronçonneuse » affirme Renaud Piazzetta, directeur de l’Institut Méditerranéen du Liège, qui est un partenaire du projet.

D’ici la fin de l’année, une dizaine de salariés de Serpe, une entreprise de travaux forestiers, d’élagage et d’espaces verts, vont apprendre à se servir ce nouvel outil. Ils seront le double en 2022.

2 500 tonnes de liège français dans 5 ans

L’objectif est de pallier un manque de main d’œuvre, les leveurs provenant aujourd’hui principalement d’Espagne ou du Portugal, où le liège constitue un matériau pleinement exploité. Diam achète annuellement 30 000 tonnes de liège dont 300 tonnes de liège français (soit 1 %). Son objectif est d’en produire environ 2 500 tonnes dans 5 ans.

En trouvant un moyen de mécaniser l’opération, Diam espère lever un frein à la relance du liège français. Et lancer la première phase de son projet d’agroforesterie, avec la réactivation des parcelles et l’achat de la matière première en circuit courts.

« La levée de la couche femelle va nous permettre de produire nos bouchons et nous trouverons des débouchés en circuits courts pour la couche mâle. La forêt sera ainsi entretenue, elle développera davantage de biodiversité et sera préservée des incendies » poursuit Fabien Nguyen, le responsable de la division des achats de liège de Diam Bouchage.

"Nouvelles plantations"

« Je suis ravi qu’on avance sur ce projet qui va nous permettre de diversifier nos sources d’approvisionnement en liège de qualité et d’assurer aux liégeurs français un débouché économiquement viable » reprend Dominique Tourneix.

Pour rappel, en novembre dernier, l’entreprise française a soutenu financièrement la plantation de 3 200 chênes lièges en Provence pour préserver la forêt varoise. Elle participe activement à leur débroussaillage et prévoit prochainement d’autres plantations.

 

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