LE FIL

Coteaux d’Aix-en-Provence

Olivier Nasles souhaite renforcer la synergie entre les trois AOP Provençales

Vendredi 11 juin 2021 par Sharon Nagel

Olivier Nasles (à gauche) souhaite renforcer encore le partenariat et le travail en commun avec les autres syndicats provençaux au sein du CIVP
Olivier Nasles (à gauche) souhaite renforcer encore le partenariat et le travail en commun avec les autres syndicats provençaux au sein du CIVP - crédit photo : CIVP
Après douze ans à la présidence du syndicat des Coteaux d’Aix-en-Provence, Didier Pauriol, vice-président des Vignerons du Roy René à Lambesc, passe le flambeau à Olivier Nasles. Le vigneron provençal, qui exploite 23 hectares de vignes au Domaine Camaïssette à Eguilles, nous confie quelles seront les priorités de son mandat.

Quels chantiers en particulier vous tiennent à cœur ?

Olivier Nasles : Ma première des premières priorités, et ce que je défends depuis environ 30 ans, c’est une vision globale de la Provence à travers une « gestion » commune, notamment suite à l’évolution de l’export. Un Américain se fiche complètement de savoir si je suis Côtes de Provence, Coteaux d’Aix-en-Provence ou Coteaux Varois. Renforcer le partenariat, le travail en commun avec les deux autres présidents au sein du CIVP, c’est vraiment la première priorité de ma présidence. Ensuite, je voudrais accompagner et soutenir le président des Côtes de Provence Eric Pastorino – en quelque sorte le leader naturel de ce projet – sur le nouveau Centre du Rosé. On tourne autour depuis un moment et il faut qu’on passe à l’acte de la construction.

Le troisième chantier c’est bien sûr la chimère historique de la suppression du mot Coteaux : nous sommes la seule appellation qui ne l’a pas obtenue, pour des raisons un peu obscures et j’aimerais bien faire aboutir ce dossier débuté en 2005, sous la présidence de ma mère pour la petite histoire !  Le nom est trop long et on a tendance à dire Coteaux d’Aix pour cette raison. Mais bien sûr, ce chantier n’est pas positionné comme un acte fondamental qui fera doubler les ventes.

 

Dans un contexte de crise sanitaire, quelles sont les perspectives commerciales pour cet été ?

Globalement, les perspectives semblent bonnes. On a la plus grosse récolte de l’histoire de l’appellation avec 240 000 hl, c’est-à-dire 20 000 hl de plus que d’habitude. Je ne suis pas persuadé qu’on va vendre les 20 000 hl de plus produits, mais tous les indicateurs du CIVP sont plutôt au vert. Les Etats-Unis repartent bien. On verra si en juillet on continue à avoir la suspension de la taxe [américaine], mais dans tous les cas, cela a conduit à accélérer un peu les expéditions. Nous sommes plus bloqués à l’heure actuelle par les problèmes logistiques, par la disponibilité des conteneurs etc, que par la demande des importateurs. L’Europe du Nord tourne bien, la Grande-Bretagne avait fait beaucoup de stocks avant le 31 décembre donc c’est désormais un peu plus calme, mais l’an dernier on y avait explosé.

En France, le marché a l’air de plutôt fonctionner correctement. Je pense qu’il y aura un rebond non négligeable en restauration. Dans la stratégie qu’on doit avoir en Provence, j’inclus celle de l’IGP Méditerranée, qui pour moi représente le socle des appellations provençales. Il n’y a pas les AOP d’un côté et les IGP de l’autre, nous sommes sur les mêmes marchés et complémentaires. Il faut qu’on réponde à tous les marchés, de l’entrée de gamme au haut de gamme. Nous avons la chance d’avoir l’IGP Méditerranée en socle. Elle représentera cette année 800 000 hl, donc elle commence à être une dénomination digne de ce nom et nous allons pouvoir répondre à des marchés en grande distribution à des prix raisonnables et en offrant une qualité intéressante.

 

Les rosés ont le vent en poupe au niveau mondial. Et si la bulle éclatait ?

J’aime à dire que chaque fois qu’il y a un consommateur qui meurt, c’est un consommateur de rouge. Et chaque fois qu’un consommateur naît, c’est un consommateur de rosé ! C’est un phénomène de « civilisation ». Les Millennials rentrent dans le vin par le rosé et y restent. Donc je suis plutôt optimiste parce que ce sont des gens qui, avant, ne buvaient pas, et maintenant boivent du rosé. Le Credoc affirme que ce que vous consommez à 20 ans vous consommez toute votre vie. Si on regarde la tendance lente et lourde, en France on est passé de 11 à 30 % en trente ans et on vient de passer les 11 % au niveau mondial sachant qu’un pourcent au niveau mondial c’est déjà colossal. Le rosé est un phénomène de société et non pas de mode ou de goût. Il est lié à l’éducation, à la perte de repères des nouvelles générations qu’on a embêtés avec nos rouges, nos classements, nos grands crus etc. Or, elles veulent du plaisir et nos vins rosés leur apportent du plaisir instantané, sans se prendre la tête. C’est le cœur de notre chance – parce que nous avons écouté et suivi les consommateurs – et de notre réussite.

 

Les Coteaux d’Aix-en-Provence en 2021

Les Coteaux d’Aix-en-Provence s’étendent sur plus de 4 000 hectares de vignes, dont 25 % est conduit en agriculture biologique auquel s’ajouteront, en 2021, 30 % des vignes certifiées en HVE. L’appellation compte 12 caves coopératives et 71 vignerons indépendants et commercialise 35 % de ses vins à l’export, 20 % en GMS et 45 % en CHR et vente directe, soit l’équivalent de 30 millions de bouteilles pour un chiffre d’affaires supérieur à 150 millions d’euros.

 

 

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