LE FIL

Cité du vin

Carole Bouquet est devenue vigneronne par bravade au machisme

Samedi 05 juin 2021 par Alexandre Abellan

Les vins de Carole Bouquet sont commercialisés à la Cité du Vin, qui fête ses cinq années d’ouverture.
Les vins de Carole Bouquet sont commercialisés à la Cité du Vin, qui fête ses cinq années d’ouverture. - crédit photo : Azienda Serraglio
Exploitant un domaine de 7 hectares en Italie, l’actrice s’est lancée dans cette aventure viticole par défi.

« Je n’ai pas voulu faire de vin » répète Carole Bouquet ce 3 juin, lors d’un entretien à la Cité du Vin (Bordeaux). Mais si l’actrice est connue pour ses interprétations de Lucie Aubrac (de Claude Berri) et dans Trop belle pour toi (de Bertrand Blier), elle s’amuse de voir plus d’amateurs de vins que de professionnels du cinéma à chacune des projections de film qu’elle accompagne. Sans doute la plus vigneronne des actrices françaises, Carole Bouquet raconte s'être d’abord convertie à la vigne par défi.

Se créant un pied à terre en achetant des parcelles sur l’île volcanique de Pantelleria (au Sud de la Sicile), l’actrice souhaite il y a vingt ans produire un vin à partir des vignes luttant dans ce terroir difficile. Faisant vinifier ses raisins passerillés par une cave existante en 2001, Carole Bouquet se souvient d'un résultat déplorable. Ayant fait appel à l’œnologue Donato Lanati pour pouvoir vinifier autrement le millésime suivant, Carole Bouquet se trouve sans chai et demande à pouvoir utiliser, selon son désir, une cuve chez le vigneron ayant réalisé la première cuvée ratée.

"Il ne faut pas dire ça à une femme"

« Je lui ai dit donnez-moi une cuve et je vais faire mon vin. Il m’a dit : "il n’en est pas question, ne mets pas les pieds ici, et de tout façon sans nous tu ne peux pas le faire". Il ne faut pas dire ça à une femme. Même d’un certain âge. C’était il y a vingt ans, j’avais l’impression d’être dans une cour d’école, où l’on m’avait dit que je ne pouvais pas jouer avec eux. J’ai dit que je ne sais pas faire, mais je vais apprendre » raconte Carole Bouquet.

Construit en 2001, son chai commence à vinifier dans la foulée un vin à son goût. « C’est comme ça que ça a commencé, comme un défi de gamine » se souvient-elle. Mais « faire du vin doux aujourd’hui, c’est une folie » indique l’actrice, très au fait des enjeux de coût de production (avec un rendement d’une demi-bouteille par cep et l’impossibilité de mécaniser des vignes en gobelet enterrées) et des défis de commercialisation (qu’elle associe autant que possible à chacune de ses apparitions publiques). Pour s’adapter, la vigneronne veut désormais produire un vin blanc sec, mais ses premiers essais ne la satisfont pas entièrement en matière de degré alcoolique.

Ode aux vignerons

« Il est extrêmement difficile de faire un bon vin » note Carole Bouquet, se disant « totalement admirative » des vignerons qui travaillent tant pour une boisson qui « procure tellement de joie et de plaisir ».

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