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Le Nigeria, marché d’avenir pour tous les vins français

Mardi 15 juin 2021 par Alexandre Abellan

Traditionnellement inexistante, la consommation féminine augmente visiblement avec l’évolution des mœurs.
Traditionnellement inexistante, la consommation féminine augmente visiblement avec l’évolution des mœurs. - crédit photo : Business France
Se développant actuellement sur la niche premium des champagnes et cognacs, la consommation nigériane est également porteuse pour les opérateurs de l’ensemble de la gamme.

Pour la consommation de vin, « le marché nigérian est émergent. Mais avec sa population importante (206 millions d’habitants) et le développement de sa classe moyenne (10 % de la population), on parle d’un marché de niche qui est plus important que la population d’autres pays (Bénin, Ghana…) » pose Valor Iduh, le responsable commercial Business France pour le Nigeria. Basé à Lagos, la capitale économique du pays d’Afrique subsaharienne, l’expert confirme l’idée que le Nigéria est « le marché du vin du futur avec une population augmentant et une classe moyenne en croissance. Le marché se sédentarise » alors que les habitudes de consommation s’installent, avec l’urbanisation du pays et des jeunes ayant voyagé en Amérique et en Europe. Du moins au Sud du pays, à majoritairé chrétienne, quand la population au Nord est essentiellement musulmane, et ne consomme donc pas d’alcool.

Si les importations d’alcools en général, et de vins en particulier, ont pâti de la crise covid (voir les infographies ci-dessous), les prévisionnistes continuent d’annoncer une augmentation constante de la consommation pour 2025. « Le confinement a affecté le secteur, mais avec la vaccination et le retour des évènements », Valor Iduh estime que la consommation hors domicile va rapidement reprendre, le marché consommant essentiellement des vins lors de festivités. La crise liée à la baisse du cours du baril de pétrole ayant pesé sur l’économie, la consommation à domicile de vin ne se serait pas développée lors du confinement (seuls les achats premiums des classes aisées se seraient maintenus, notamment pour les champagnes).

Sensibilité au prix

De manière générale, le maché nigérian est très sensible au prix. Et en la matière, « les produits les plus compétitifs sont les vins sudafricains et espagnols sur l’entrée et le moyen de gamme » indique Valor Iduh. L’expert explique que le Nigeria n’étant pas un pays producteur historique de vin, il n’a pas une culture établie du vin et de sa consommation : « l’acheteur demande souvent à son caviste un volume pour un prix donné » afin d’organiser un évènement (mariage…). Les prix jouent également sur les contrefaçons et la contrebande passant par la frontière avec le Bénin.

Dans cette offre très compétitive, les vins français commencent à se positionner sur le milieu de gamme, « avec des prix qui intéressent beaucoup les opérateurs locaux » souligne Valor Iduh. Cet attrait est accentué par le positionnement premium et l’image qualitative des vins français note le responsable commercial : « l’image française a l’avantage d’être travaillée par de grandes entreprises basées sur place. Comme les groupes Rémy Cointreau, Pernod Ricard, Moët Hennessy, les Grands Chais de France... France importante en valeur. Le Champagne est très apprécié par les classes aisée et moyenne supérieure, et les cognacs sont de plus en plus populaires, étant perçus comme un signe de richesse et de classe. Quand on parle de Champagne et de Cognac, on parle de vins français. Tout le monde n’en consomme pas, mais tout le monde connait. »

"Il faut appeler, rappeler, relancer et se déplacer"

Pour s’attaquer au marché nigérian, Valor Iduh conseille de passer par un importateur. « Les importateurs ont les réseaux de distribution et surtout l’habitude des procédures douanières » souligne l’expert, qui fait notamment référence aux lourds frais d’enregistrement demandés pour chaque cuvée (s’élevant à 12 000 €). « Les importateurs permettent d'absorber ce surcoût dans leurs marges » note-t-il, ajoutant qu’il ne faut pas hésiter à revenir vers ses contacts : « les importateurs sont très sollicités, tout le monde pense que le Nigeria est un marché d’avenir. Les mails ne marchent pas [pour avancer sur une commande], il faut appeler, rappeler, relancer et se déplacer. Et quand on sort du bureau, il y a un Italien, un Espagnol, un Américain et un Sudafricain qui attendent derrière la porte ! »

Pour en savoir plus sur ce marché, cliquer ici.

 

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