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Pour le Modef

"Le fameux milliard € est largement insuffisant" pour aider les vignerons gelés

Jeudi 20 mai 2021 par Alexandre Abellan

« L’indemnisation doit être conséquente, sinon ce sont des dizaines de millier d’exploitations qui vont disparaître » prévient Raymond Girardi, qui souligne qu’il s’agit d’une succession d’aléas climatiques : « ceux qui ont gelé cette année ont déjà subi la sécheresse de l’an dernier ».
« L’indemnisation doit être conséquente, sinon ce sont des dizaines de millier d’exploitations qui vont disparaître » prévient Raymond Girardi, qui souligne qu’il s’agit d’une succession d’aléas climatiques : « ceux qui ont gelé cette année ont déjà subi la sécheresse de l’an dernier ». - crédit photo : Capture d'écran Zoom (visioconférence 19 mai 2021)
Appelant à manifester ce mardi 25 mai à Avignon, le Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux demande au gouvernement de revoir à la hausse son soutien aux paysans touchés par les gelées du printemps.

Coup de gueule sur « les carences du gouvernement en termes de prise de sérieux, et on pèse nos mots, financièrement des dégâts causés par le gel que l’on a connu début avril » dénonce Raymond Girardi, le vice-président du Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux (MODEF), lors d’une visioconférence de presse ce 19 mai (tenue depuis le Lot-et-Garonne). Si l’élu syndical reconnait la réactivité du gouvernement pour proposer des mesures jugées adaptées (aides d’urgence, exonérations sociales*, indemnisation au titre de la calamité agricole), les fonds débloqués d’un milliard d’euros sont jugés insuffisants.

Raymond Girardi en veut pour preuve les estimations préfectorales des dégâts dans trois départements très touchés (380 et 540 millions d’euros de pertes dans le Vaucluse, 200 millions € pour l’Hérault et 150 à 300 millions € pour le Lot-Et-Garonne). « Ce milliard est nettement insuffisant. On peut estimer aujourd’hui que l’effondrement du chiffre d’affaires des dizaines de millier d’exploitations touchées peut être trois ou quatre fois plus élevé » avance le vice-président du MODEF.

Manifestation à Avignon

« Ce fameux milliard est largement insuffisant quand on voit ce que l’Etat a donné pour Airbus, Air France, Renault, etc. on frôle presque l’indécence » attaque Didier Galea, le secrétaire du MODEF. Pour le viticulteur héraultais, ce ne sont « pas un, pas deux, pas trois, mais au moins 4 milliards » qui sont nécessaires pour répondre aux besoins de trésorerie des exploitations arboricoles, céréalières et viticoles. Estimant que le ministère de l’Agriculture ne prend pas position sur le volume financier nécessaire, le MODEF organise ce 25 mai à 14 heures une manifestation devant la préfecture d’Avignon (Vaucluse).

L’objectif étant de « dire il n’y en a pas assez » résume Didier Galea, qui propose notamment une augmentation du plafond d’indemnisation des producteurs touchés. Actuellement fixé à 40 %, cette valeur devrait passer à 80 % pour répondre aux besoins du terrain. « Quand on dit qu’il faut 80 % d’indemnisation, ce n’est pas histoire de faire de la surenchère auprès du gouvernement. C’est une question de vie ou de mort pour des dizaines de millier d’exploitations » souligne Raymond Girardi.

"La colère monte"

Face aux textes européens indiquant que de telles aides doivent être plafonnées à 40 %, le vice-président du MODEF indique qu’il s’agit d’outils communautaires « pour ne pas impacter la libre concurrence. La question ne se pose pas sur ce sinistre : ça n’ira pas concurrencer le marché, comme l’indemnisation arrive sur une récolte qui a disparu ». Pour Raymond Girardi, l’essentiel reste qu’« aujourd’hui, le compte n’y est pas. Il y aura du monde qui restera sur le tapis si on ne prend pas les choses plus sérieusement. » Et de prévenir : « la colère monte. En Lot-et-Garonne, on a 1 500 agriculteurs touchés. Si les mesures restent de ce niveau, on ne va pas peiner pour trouver 1 000 ou 1 500 paysans pour manifester dans les rues d’Agen. »

 

* : D’après une récente réunion de travail entre syndicats et ministère, la prise en charge des cotisations sociales MSA irait jusqu’à 3 800 € pour des pertes de 20-40 %, jusqu’à 5 000 € pour -40-60 % exonérés et au-dessus de 60 % de dégâts jusqu’à 15 000 €.

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