LE FIL

Tests angevins

Contre le gel, mettez les voiles dans vos vignes !

Mardi 25 mai 2021 par Patrick Touchais

Sous le voile, 90 % des bourgeons ont été protégés cette année, malgré une douzaine de nuits négatives.
Sous le voile, 90 % des bourgeons ont été protégés cette année, malgré une douzaine de nuits négatives. - crédit photo : P.Touchais
Protéger les vignes du gel avec du voile d’hivernage. Ça marche. Mais les contraintes en temps de pose et gestion du vent sont réelles. Un essai est mené actuellement en Anjou.

Pour la deuxième année consécutive, deux domaines d’Anjou-Saumur ont participé à un essai suivi par l’Institut National de l'Origine et de la Qualité (Inao), l’Organisme de Défense et de Gestion (ODG) et l’Association technique viticole de Maine-et-Loire (ATV 49) pour valider l’intérêt de protéger les vignes contre le gel avec du voile d’hivernage (de type P 30).

En 2020, ni Emmanuel Ogereau à Saint-Lambert du Lattay, ni Mathieu Vallée à Parnay n’avaient subi de dégâts. Le vignoble angevin avait eu chaud, mais était passé tout près du gel. Autant dire qu’en 2021, ils ont eu tout le loisir de tester l’affaire, avec une douzaine d’épisodes de températures négatives sur quatre semaines.

"Résultats impressionnants"

Sur les 40 ares qu’il a couverts tout début avril, avant les premières attaques de gelée noire, Emmanuel Ogereau a constaté au final 10 % de dégâts, alors que les rangs témoins à côté du voile, ont été grillés à 90 %. “Les résultats sont impressionnants. Selon les mesures de température, on a gagné entre 1 et 2°C”.

A quelques kilomètres de là, Alexis Soulas et Dominique Sirot ont également mené un essai sur une parcelle de leur domaine du Fief Noir. “On a couvert 50 ares en disposant une double épaisseur de voile dans le sens du rang, et en ne laissant aucune voie d’air” explique Dominique Sirot. “C’est spectaculaire. On a aujourd’hui un bel îlot vert intact au milieu d’un paysage lunaire”. Un écart de 4°C a été enregistré sous le voile et en dehors.

Suivi Inao

De son côté, l’Inao suit de près ces essais. “Il y a des évolutions techniques, que ce soit ces expérimentations de voile ici en Anjou, ou d’autres matériels dans d’autres régions. L’Institut doit se prononcer” indique Jean-Baptiste Moulènes du Centre Val de Loire. L’une des questions posées porte sur le comportement de la vigne sous le voile. Si la température monte dans la journée, l’effet de serre est réel.

En 2020, année précoce, selon les relevés effectués par l’ATV 49, tout début avril, l’écart de croissance végétative entre l’essai voile et le témoin était de 8 jours. Il n’était plus que de 4 jours à la véraison. Et à la vendange, les données de sucres et d’acidités n’affichaient pas de différences significatives. L’ATV a également analysé la teneur en chlorophylle entre le 15 mars et le 15 mai, sans noter, là non plus, d’écart.

"Points noirs"

“On a cependant deux points noirs à régler” signale Emmanuel Ogereau : “Le vent et le temps de pose. Il nous a fallu 50 heures à plusieurs”. Avec ces résultats probants, l’équipe qui pilote l’essai souhaite donc se tourner vers des partenaires industriels pour développer à la fois des matériaux plus robustes et plus faciles à poser et à amarrer.

 


 

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