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Vins du Centre-Loire
Ces vignerons parient sur le genouillet, cépage ancestral du Berry

À Reuilly, le domaine Charpentier met en vente ses premières bouteilles de l'ancienne vigne berrichonne, qui montre d'intéressants premiers résultats culturaux, oenologiques et commerciaux.
Par Alexandre Abellan Le 18 mai 2021
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Ces vignerons parient sur le genouillet, cépage ancestral du Berry
La parcelle de genouillet du domaine Charpentier est plantée à 9 000 pieds par hectare. - crédit photo : Domaine Charpentier
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n 2015, « quand on a planté notre parcelle genouillet, les autres viticulteurs trouvaient ça bizarre… Maintenant, ça les intéresse » rapporte le vigneron Géraud Charpentier, cogérant avec son frère Jean-Baptiste du domaine Charpentier (20 hectares de vignes à Reuilly). Initiée il y a vingt ans par les vignerons Maryline et Jean-Jacques Smith (domaine Vilalin à Quincy), la redécouverte viticole du cépage historique du vignoble berrichon se concrétise désormais sur un peu plus de 4 hectares de vignes dans le vignoble du centre Loire. Dont 1,5 ha au domaine Charpentier, qui met actuellement en marché ses 1 400 premières bouteilles dans le réseau traditionnel (cavistes et restauration).

Vin le plus cher de la gamme, le millésime 2019 de la cuvée « Genouillet » est commercialisé en vin de France à 15 € TTC. Et il trouve son public rapporte Maxime Pilet, le commercial du domaine Charpentier. L’étudiant en alternance de l’ESA Angers souligne que ces bouteilles proposent quelque chose d’original : « des arômes floraux, sur la violette, une acidité élevée* qui serait propice à un vin de garde. Le palais ne connait pas ce goût. Les cavistes le comparent à celui du cot/malbec. C’est à avoir dans sa cave pour ceux qui aiment. »

Seulement deux millésimes d'expérience

Avec deux récoltes réalisées de ce cépage ancestral, Géraud Charpentier souligne qu’il y a encore beaucoup à apprendre sur la conduite des vignes de genouillet. Le cépage semblant productif, le mode de taille a été raccourci (pour passer à 4-5 grappes par pied) et réguler le rendement (40-45 hl/ha). Le genouillet est « un cépage plutôt tardif, contrairement au pinot gris (autorisé en AOC Reuilly et permettant de l’originalité, mais ayant trop de précocité) » ajoute Géraud Charpentier, qui souligne qu’il n’a pas repéré de dégâts significatifs de gel sur ses pieds de genouillet : « alors que la parcelle voisine est touchée sur 20 % de ses bourgeons pour les cépages de l’AOC Reuilly. Le genouillet a beaucoup moins de dégât, alors qu’il débourre pareil. Mais je ne peux pas dire s’il est plus résistant au froid, c’est trop tôt… »

 

* : L’acidité totale est de 6,5 g/l rapporte Géraud Charpentier, soit deux fois celle d’un vin blanc de la propriété (3,5 g/l).

 

 

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