Accueil / Commerce/Gestion / Cheval Blanc lance les primeurs 2020 sur "un vrai prix de marché"

+3 %
Cheval Blanc lance les primeurs 2020 sur "un vrai prix de marché"

Avec un tarif correspondant aux attentes du négoce et des distributeurs, le premier grand cru classé de Saint-Émilion donne une impulsion à ce début de campagne.
Par Alexandre Abellan Le 12 mai 2021
Lire plus tard
Partage tweeter facebook linkedin
Cheval Blanc lance les primeurs 2020 sur
Venant après un « absolument incroyable 2018 » et un 2019 de haute facture, le millésime 2020 est marqué par sa fraîcheur pour Pierre Lurton, qui voit dans cette triologie un fort potentiel de garde. - crédit photo : Château Cheval Blanc
A

près de premiers frémissements ces derniers jours, la campagne des primeurs 2020 de Bordeaux est lancée ce 11 mai par la sortie surprise du château Cheval Blanc (39 hectares à Saint-Émilion). « Tout le monde ne s’attendait pas à cette sortie » s’amuse Pierre Lurton, le directeur du premier grand cru classé A (copropriété des familles Arnault et Frère). Lançant la campagne de commercialisation du millésime 2020, cette mise en vente à 380 euros la bouteille sur la place de Bordeaux est plébiscitée par le négoce, qui salue une hausse modérée de 3 % par rapport au millésime 2019. Ce dernier était déjà en baisse de 30 % par rapport au millésime 2018, dans une tendance participant au succès des primeurs 2019 malgré la crise sanitaire.

Ayant écoulé en un jour toutes ses allocations en primeur (et étudiant désormais des demandes de volumes supplémentaires), Pierre Lurton note que « Cheval Blanc est sorti dans les vrais prix du marché et rencontre un vrai enthousiasme du marché. Cette bonne tonicité prouve qu’il y a un marché, c’est rassurant. » Entérinant une politique de prix permettant aux distributeurs de dégager de la marge en période d’incertitudes sanitaires et économiques, cette sortie pourrait inspirer d’autres grands crus classés lorsqu’ils sortiront du bois. « En sortant tôt, j’espère que cela donnera un élan à la campagne. A chacun ensuite de fixer son prix en son âme et conscience, je ne donne pas de conseil » précise Pierre Lurton.

Voir comment les marchés réagissent et se réouvrent

Si le négoce appelle à une mise en marché concentrée sur mai-juin, toutes les propriétés ne comptent pas se précipiter pour des sorties rapides. « Nous allons attendre un petit peu. D’habitude nous sortons très tôt, mais nous allons voir comment les marchés réagissent et se réouvrent » témoigne ainsi Michel Reybier, le propriétaire du château Cos d’Estournel (grand cru classé en 1855 à Saint-Estèphe). Comptant parmi les premières sorties marquantes de la campagne 2019, avec un prix de 110 € sur la place de Bordeaux (-24 % selon la plateforme de référence Liv-Ex), Cos d'Estournel reste prudent pour le lancement de son nouveau millésime : « l’an dernier il fallait donner un signe à des marchés très attentistes, cette année ils le sont moins et il est intéressant de voir comment ils vont s’ouvrir » indique Michel Reybier, qui compte bien faire l'actualité avec une bouteille spéciale (marquant ses 20 ans de rachat de la propriété).

Bonne fourchette de prix

Alors que des notes de dégustation ne sont pas encore sorties (comme celles d’Antonio Galloni, de Neal Martin, de James Suckling…), les sorties précoces des campagnes 2019 et 2020 nourrissent les enseignements de la crise covid. Si les critiques permettent d’étayer la réputation d’un cru, c’est avant tout la puissance de la marque qui importe. Cette force tenant d’une qualité reconnue des vins autant que d’un positionnement prix cohérent. « Si l’on sort dans une bonne fourchette de prix, le marché a confiance et ça fonctionne » conclut Pierre Lurton.

 


 

Partage Twitter facebook linkedin
Tous les commentaires (0)

Pas encore de commentaire à cet article.
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé