LE FIL

Gros moyens

Ce prototype a sauvé les vignes du gel

Mardi 11 mai 2021 par Marie-Antoinette de Szczypiorski

La température sous le voile a été portée à 6°C, alors qu’il faisait -4°C à l’extérieur. La quasi-totalité des bourgeons a été épargnée.
La température sous le voile a été portée à 6°C, alors qu’il faisait -4°C à l’extérieur. La quasi-totalité des bourgeons a été épargnée. - crédit photo : Marie-Antoinette de Szczypiorski
En Côte-d’Or, des vignerons ont sauvé 10 ares en posant un voile d’hivernage sur le palissage de vignes protégées par un câble chauffant. Ils espèrent que l’INAO homologuera leur invention.

En Bourgogne, les moyens de lutte contre le gel ont été actionnés à partir du 6 Avril, pour faire face à trois nuits de froid intense, où le thermomètre est descendu jusqu’à -8°C.

Brûlage de paille, bougies, aspersion, les vignerons ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour limiter les dégâts.

Pour le domaine Laboureau, à Bligny-les-Beaune (21), ces épisodes de froid ont été l'occasion de tester un prototype. Dans une parcelle de 10 ares de Corton Charlemagne, le duo père-fils Pascal et Mathieu a utilisé des câbles chauffants, à l’instar de leurs confrères chablisiens, mais ont en plus posé un voile d’hivernage sur le palissage qu’ils ont plombé au sol par des lattes pour éviter la déperdition de chaleur due au vent. 

« Nous étudions ce système depuis 2016 avec Frédéric et Philippe Bellier, de Florane Entreprise » racontent-ils. Le fil de baguette est chauffé grâce à un générateur électrique, et le résultat est très probant ».

-4°C dehors, 6°C sous le voile

La température sous le voile a été portée à 6°C, alors qu’il faisait -4°C à l’extérieur. La quasi-totalité des bourgeons a été épargnée.

« Il nous a fallu 1 heure à 6 personnes pour poser le voile sur les dix ares. Il faudrait donc environ 1 journée pour faire le même travail sur un hectare. Nous sommes en relation avec l’INAO pour homologuer notre solution et avec FranceAgriMer pour obtenir des subventions » indique le duo, ajoutant que l’idéal serait que les vignerons investissent collectivement dans ce système pour en réduire les coûts investissement.

 

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
pg Le 15 mai 2021 à 11:24:16
Une fois que l' on a adapté le cépage au terroir, le porte-greffe au cépage, la hauteur de palissage et la date de taille, je ne vois pas ce que la majorité des vignobles français peut faire. Parce que économiquement empêchés. L' assurance gèle? pas intéressante. A mon sens , une politique de stockage des vins reste une des meilleurs solution .Il suffirait d'un trait de plume pour l' inciter fiscalement .Etre vendeur direct, c' est prévoir une mise en réserve de vins afin de palier les aléas climatiques. Construire une clientèle est souvent long et difficile . Il faut savoir , une fois celle -ci établie ( ce qui n' est jamais définitif...) , s'imposer de ne pas tout vendre. Perdre sa récolte , c' est perdre ses clients qui n' attendent pas l' année suivante pour ouvrir une bouteille d' une autre appellation. Et là , il n' est pas garanti qu'ils reviennent au vin qu'il n' a pu acheter pendant 1 an... Loin des yeux , loin du cœur ! La force de l' appellation Cognac réside en son stock. Il représente plus de 7 années de ventes . Nécessité qualitative ? C' est vrai . Mais pas que. Jamais le négoce ne se pleins de perdre ses marchés pour cause de mauvaise récolte. La réserve climatique est la plus grande invention de l'appellation Cognac de ces 50 dernières années. Et dire qu' à une époque, cette réserve était , soit disant , impossible à mettre en place ... Malheureusement , il nous est difficile de l' approvisionner , tant la demande commerciale est importante. Mais , rien n' empêche de stocker une partie du quotas commercialisable... Producteur d' IGP , vendeur direct , je m' impose , fort de cette expérience ,l' équivalent de 2 récoltes d' avance. En rouge, principalement , et en blanc. Ce n' est guère possible en rosé. j' en ai fait un argument commercial : prendre le temps de l' élevage , qualité supérieure , garantie d'approvisionnement de mes clients . Mon comptable a parfois toussé... Mais , en 5 ans , j' ai perdu l' équivalent de 2 récoltes. Sans cette discipline de stockage , j' aurai perdu une grande partie de ma clientèle et le revenu qui va avec. Aujourd'hui , mon comptable comprend que les impératifs commerciaux se raisonnent sur le moyen terme, au delà de l' exercice comptable immédiat. Cela ne serait-il pas que du bon sens paysan que de toujours garder une poire pour la soif ? Trop de vignerons raisonnent aujourd'hui en comptables. Et , il le font très bien . Mais ils fragilisent leur entreprise en sacrifiant le long terme au profit de l' immédiateté fiscale. La nature est dans une autre dimension. Les gelées en série , ce n' est pas nouveau. Les vignerons les ont seulement oubliées.
Benji Le 14 mai 2021 à 09:22:09
Des solutions miracle sur des bouts de parcelles et on tire des conclusions hâtives! Qui peux se permettre de mettre plus de 40000 euros à l’ha pour installer des fils électriques et des voiles sur les vignes ,sans parler du coût de fonctionnement (il faut bien produire l’électricité)!! Tout comme les tailles tardives et autres moyens de protections,le bon sens à l’air de disparaître! Les anciens plantaient leurs vignes sur les coteaux où dans les endroits non gélifs mais les superficies étaient moins importantes et les exploitations étaient souvent en polycultures ! Les temps en changées avec bien moins d’agriculteurs mais surtout beaucoup moins de fonctionnaires,techniciens et autres normes bobos écolos parisiennes déconnectés des réalités agricoles! La gangrène de notre agriculture est bien la ONG,Confédération Paysane,générations futures,FNE,LPO,L214....toutes ces associations à la solde du lobbys du bio bussiness et des GAFAS qui ne vivent que de subventions afin de détruire notre agriculture française qui est la plus normées au monde
Dominique Le 13 mai 2021 à 17:42:37
Eh ! Mes chers collègues ! Si on réinventait la serre ? Voilà une idée innovante ! Tout au long des articles de Vitisphere, je vois fleurir des "nouvelles techniques" comme viti-tunnel ou ces voiles d'hivernage. Là bas, ce sont des résistances électriques ou de l'aspersion à grande échelle. Pour l'été, on s'imagine aussi le goutte à goutte ( intégré à côté des résistances... ) sur le fil de calage. On teste déjà un dispositif fixe de traitement phyto intégré au palissage. Du coup, on pourrait simplifier encore tout ça. Pourquoi ne pas passer directement à la serre, avec atmosphère, hygrométrie et température contrôlées ? Bien sûr, comme d’habitude, l’INAO et les bureaucrates parisiens écolos bobos risquent de tousser. Mais on pourrait alors leur expliquer que ça économiserait des traitements phytos, de l’énergie qui serait dissipée autrement en pure perte, une utilisation de l’eau rationnelle, etc.. Tout cela serait piloté par des capteurs et de l’intelligence artificielle. Et on emballerait le tout avec trois panneaux solaires avant de ficeler le paquet cadeau. Why not ? Sur un malentendu, ça pourrait passer, non ? Restera juste à faire rêver les amateurs de vins sur nos « mers de plastique », plus vertes et plus vertueuses que celles du sud de l’Espagne. L’autre solution ça serait que les paysans s’emparent vraiment du sujet du changement climatique au lieu de fantasmer sur tous ces bricolages aux coûts inaccessibles.
MG Le 12 mai 2021 à 15:37:36
J'ai vu un essai comme cela il y a 20 ans mais l' INAO a statué que cela changeais le micro-climat de la parcelle et ne l'homologuais pas.
Jpm Le 12 mai 2021 à 13:41:35
Il fallait y penser ! Maintenant attention à la beaurocratie française. Il y aura bien un peleur de moustiques pour alourdir l'homologation.
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé