LE FIL

Soudés

Les vignerons partagent leurs expériences des anciens gels sur les réseaux sociaux

Mardi 27 avril 2021 par Marion Bazireau

« Que ça fait du bien de voir un peu de vert » s’est exclamé Sébastien Duffrene, viticulteur à Valréas, sur Facebook.
« Que ça fait du bien de voir un peu de vert » s’est exclamé Sébastien Duffrene, viticulteur à Valréas, sur Facebook. - crédit photo : Sébastien Duffrene
Quels bourgeons ou contre-bourgeons repartiront après ce terrible gel ? Les viticulteurs le sauront sous 15 jours voire un mois. Ils patientent et trouvent du réconfort auprès de leurs confrères sur les réseaux sociaux.

« Que ça fait du bien de voir un peu de vert » s’est exclamé Sébastien Duffrene, viticulteur à Valréas, sur le groupe Facebook Matériel et Viticulture ce 23 avril. Avant d’ajouter « C’est la seule parcelle de l'exploitation à pas avoir grillé à 100% le 8 avril », et de demander à ses confrères s’il y avait encore quelque chose à espérer sur ses autres vignes.

Cela va surement dépendre des cépages, comme le rappelait il y a quelques jours Jacques Rousseau, responsable des services viticoles à l’ICV. « Le chardonnay fait très peu de bourgeons secondaires, contrairement aux grenache, merlot ou cinsault, qui en produisent davantage ».

"Des repousses sur les cordons"

Les viticulteurs sollicités par Sébastien Duffrene confirment ces propos. « Nous avons fait 6hl/ha sur nos parcelles de chardonnay gelées à 100% en 2016 » indique Chloé Chevalier, viticultrice en Côte-d’Or. Dans le Beaujolais, Benoît Roche a redonné un peu d’espoir aux troupes, « Je confirme pour ceux taillés en baguette, nous arrivons à refaire un peu de raisin sur les tailles en cordon, sur gamay ». A Narbonne, Jean-Michel Bosch voit en général lui aussi moins de repousses sur les vignes taillées en guyot.

Dans le sud de l’Ardèche, David Charou avait obtenu 50% de récolte sur une parcelle de grenache gelée à 100% en 1994. « L’an dernier, mes parcelles gélées à 100% de grenache et syrah m'ont fait 18hl/ha » a complété Arnaud Ferraro, dans le Var.

Tout dépendra de la météo

En 2017 à Gignac, Bertrand Aniel n’avait en revanche récolté que 800 kg sur 70 ares de syrah gelée, alors qu'elle tournait à 9 voire 10 tonnes/ha en année moyenne. Il avait vendangé 5 tonnes au lieu de 19 sur 2 hectares de sauvignon, et rien du tout en muscat. « En encore, les sols étaient gorgés d'eau en sortie d'hiver cette année-là… »

S’il y a des grappes, « tout dépendra de la météo » a renchéri Fernand Santamaria, viticulteur à Fronton. « Des pluies en été limiteront la casse ».

Les vignerons espèrent voir leurs vignes repartir sous 15 jours à un mois.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé