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Comment réduire les coûts d’entretien des vignes gelées ?

Vendredi 23 avril 2021 par Marion Bazireau

Les doses d'engrais peuvent être réduites dans les vignobles gelés.
Les doses d'engrais peuvent être réduites dans les vignobles gelés. - crédit photo : IFV
La Chambre d’agriculture a donné de bons conseils aux vignerons sur la gestion de la fertilisation et l’adaptation des traitements phytosanitaires sur les vignes ayant partiellement subi le gel.

Le conseiller Olivier Féraud a donné quelques pistes aux viticulteurs pour dépenser moins d’argent pour entretenir leurs vignes gelées lors d’un webinaire organisé par la Chambre d’agriculture de l’Aude ce 20 avril.

« En ce début de campagne, l’un des réflexes naturels pourrait être d’augmenter la fertilisation. Ce serait une mauvaise idée » a-t-il commencé, rappelant que jusqu’à la floraison, la vigne fonctionne essentiellement sur ses réserves en amidon, avec une très faible absorption racinaire. « Il ne faut pas s’affoler et ne rien faire avant » a insisté Olivier Féraud.

"La marge de manœuvre est étroite"

Le conseiller a aussi rappelé que 65 à 70% du rendement se construit l’année N-1. La marge de manœuvre est donc étroite, d’autant plus qu’en année N, le nombre de grappes par ceps représente environ 60% du rendement, le nombre de baies par grappes 30% et le poids des baies 10%.

« Aujourd’hui, les nombres de grappes et de baies sont fixés, on ne peut plus jouer que sur le poids des baies, qui dépend surtout de l’alimentation hydrique » a-t-il regretté.

L’azote est utile entre la fécondation et la nouaison pour jouer sur la multiplication cellulaire. Entre la « mi-fermeture » et le « fermeture » des grappes, il a également un petit effet sur l’agrandissement cellulaire.

« Les viticulteurs qui avaient fertilisé leurs sols avant le gel n’ont rien besoin de faire de plus, insiste Olivier Féraud, d’autant que les vignes vont porter moins de grappes et avoir moins de besoins ». Le phosphate de magnésium n’a pas non plus d’utilité.

Pour le conseiller, le plus important sera de gérer la contrainte hydrique, en binant régulièrement pour gérer les adventices vivaces.

Réduire la dose prévue avant le gel

Dans le cas où les viticulteurs n’avaient pas encore positionné leurs apports d’engrais, Olivier Féraud conseille de réduire de 25 à 50% la dose prévue avant le gel, et de le décaler d’une quinzaine de jours sur les parcelles gelées à plus de 60%.

La ferti-irrigation devra être pilotée en fonction du stade phénologique moyen sur chaque parcelle. Olivier Féraud a également rappelé que ce n’était pas du tout le bon moment pour réaliser des apports foliaires. « Il faut attendre la pré-véraison, et cela n’a d’intérêt que si l’on veut développer les thiols ».

"Continuer à suivre les modèles mildiou"

Quid de la protection phytosanitaire ? « Que les vignes aient gelé ou pas, il faut continuer à suivre les modèles mildiou de l’IFV et/ou des FREDON, car c’est la maladie que l’on prévoit le mieux. A ce jour, il n’y a aucune raison de déclencher les traitements, que l’on soit en bio ou pas, même si quelques millimètres de pluies sont annoncés » a indiqué Olivier Féraud.

A l’inverse, la biologie de l’oïdium est moins bien connue. « A mon sens, il va falloir démarrer la protection en fonction du stade moyen des parcelles, à 3 ou 4 feuilles étalées pour les cépages sensibles comme le carignan, le chardonnay ou la marsanne, et à 7 ou 8 feuilles étalées pour les merlots, syrahs ou cabernets. » Le cas échéant, le premier traitement pourra peut-être être décalé d’environ une semaine par rapport à une campagne classique.

Concernant eudémis, il ne faut rien changer, suivre les vols, les pontes et les glomérules. De même, rien à changer dans la lutte contre la flavescence dorée. « Son cycle sera peut-être un peu décalé mais les vignerons ne pourront pas déroger aux traitements obligatoires » a conclu Olivier Féraud.

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