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Marché

La Clairette de Die attend des jours meilleurs

Mercredi 14 avril 2021 par Bérangère Lafeuille

Depuis des années, la consommation baisse alors que les surfaces plantées augmentent, tirant les prix vers le bas.
Depuis des années, la consommation baisse alors que les surfaces plantées augmentent, tirant les prix vers le bas. - crédit photo : DR
Sale temps pour les vins de fête… N’ayant plus le droit de se réunir pour cause de pandémie, les Français délaissent la clairette de Die.

En 2020, la clairette de Die, surtout consommée dans des contextes festifs, a accusé le coup. « Les ventes ont chuté de 50 % sur les trois mois du printemps 2020 », indique le président de l’AOC Franck Monge, à la tête de la cave du même nom.

Requinqués par une saison estivale exceptionnelle, les vignerons pensaient se rattraper avec les fêtes de fin d’année. Un espoir brisé par le reconfinement. « Et inutile de compter sur l’export, qui représente 16 % des volumes : la Suisse et la Belgique, nos principaux importateurs, ont le même mode de consommation et sont soumis aux mêmes restrictions sanitaires », souligne Marie Lafargue, directrice du syndicat.

Bilan de l’année 2020 : un recul de 16 % des sorties bouteilles de clairette de Die.

-15% en 2020 pour Jaillance

Le début 2021 affiche une hausse timide (+ 2 % en janvier et + 6 % en février), portée par la GMS. Mais ces chiffres, comme ceux de 2020, cachent de grandes disparités. Sur 2020, la cave coopérative Jaillance, qui met en marché 70 % des volumes de l’AOC, affiche sur la clairette un recul de 15 % en volume et 12 % en chiffre d’affaires.

« Au premier trimestre 2021, on a retrouvé nos volumes d’avant confinement sans atteindre ceux de 2019 », indique son président Olivier Rey. D’autres ont limité la casse. Comme la cave Monge Granon, qui sort 800 000 bouteilles/an avec une assise commerciale diversifiée (grande distribution, CHR et négoce), et qui a terminé 2020 à – 6 %. « Mais il y a une vingtaine de petites caves, à 100 000 cols en moyenne, qui sont plutôt tournées vers la vente directe, les salons, le CHR… Celles-là sont en difficulté », souligne Franck Monge.

"Contexte morose"

Côté prix, « il n’y a pas de dégringolade pour le moment », note Olivier Rey. « Mais depuis des années, la consommation baisse alors que les surfaces plantées augmentent, tirant les prix vers le bas, nuance Franck Monge. Je pense qu’on a atteint un seuil, avec un prix moyen du raisin de 1,26 €/kg, insuffisant au vu de nos coûts de main d’œuvre élevés. A nous de redynamiser l’image un peu vieillissante de la clairette pour relancer la consommation. »

Reste à savoir aussi comment le gel, qui a impacté l’ensemble du vignoble, va rebattre les cartes des volumes et des prix.

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