LE FIL

Jusqu’où faudra-t-il que ça aille trop loin ?

Vendredi 16 avril 2021 par Marion Ivaldi

Jusqu’où faudra-t-il que ça aille trop loin ? De combien d’accidents climatiques dramatiques, aura-t-on encore besoin pour comprendre que leur récurrence est désormais quasi-annuelle ? Qualifié cette fois-ci de « plus grande catastrophe agronomique du 21ème siècle », l’effroyable gel qui s’est abattu sur l’Hexagone sera-t-il enfin l’événement déclencheur de la mise en œuvre de solutions efficaces, économiquement optimales et environnementalement responsables ? A chaque épisode climatique douloureux : la sidération, l’appel à l’aide, le désespoir... et le sparadrap. Les demandes de la filière viticole auprès du ministre visent à traiter l’urgence. Mais, est-il véritablement durable de sortir l’attirail classique de sauvegarde des exploitations (exonérations fiscales, sociales, bancaires…) à chaque épisode climatique, sans aboutir à un mécanisme ambitieux de sécurisation du revenu ? Des solutions sont pourtant là, notamment celui du stockage assurantiel. Facile à mettre en œuvre avec un produit peu périssable. Si la la distillation de crise a permis d'évacuer quelques volumes (ce qui, vu d'aujourd'hui semble une décision mal avisée), on se dit qu'heureusement le Covid a aussi permis de déclencher une aide au stockage . De quoi être un soin palliatif pour certains.

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MG Le 19 avril 2021 à 13:56:22
Arrêtez avec vos assurances, cela coûte fort chère, c'est mal remboursée et on repaye des impôts dessus. Et en plus la compagnie d'assurance peut vous mettre dehors. Il y a 400 000 agriculteurs en France pour 3 milliard de dégâts ( moyenne décennale) soit 7500 € à sortir par an pour les assureurs plus leurs frais de fonctionnement plus les frais de réassurance. A combien estimez-vous le montant annuel de la cotisation ?
CASSSANDRE Le 16 avril 2021 à 22:49:25
On ne peut éviter les aléas des accidents climatiques, qui vont vraisemblablement devenir encore plus fréquents et encore plus dévastateurs. La seule protection réaliste semble être l'assurance. Mais à une condition, c'est que comme pour l'assurance automobile elle devienne obligatoire pour tous. Les bons automobilistes ont un bonus, les accidentés un malus. On doit pouvoir moduler les cotisations, pour satisfaire ce qui pensent qu'ils ne risquent rien, et qui le prouvent statistiquement.
Mr PIKE Le 16 avril 2021 à 18:56:00
Il me semble que si nous étions très nombreux à être assurés les tarifs seraient raisonnables. Contrairement à ce que m'avait affirmé un vigneron qui à l'époque était Président du C.A. de GROUPAMA. S'il me lit il se reconnaîtra, du moins je l'espère.
VignerondeRions Le 16 avril 2021 à 14:31:03
D'un point de vue factuel, le gel printanier est plus ou moins habituel et plus ou moins marqué. Les anciens m'ont expliqué qu'au sortir de la guerre certains avaient gelé 10 années de suite, si bien qu'ils avaient arraché la moitié de leurs vignes pour faire patates, cochons et basse cours. Histoire de pouvoir manger. Alors oui, le dérèglement est sûrement là, mais plus qu'un dérèglement climatique, il y a un dérèglement idéologique. Il suffit de voir les commentaires avisés de la société, celle qui régit dorénavant nos modes de culture, suite à ces episodes gélifs. Les réactions de la profession, jusqu'au plus haut sommet de l'Etat, sur l'urgence de la situation pour se demander si ma tête fonctionne encore correctement. Ça m'interroge. Pour être très sévèrement touché, autant dans la vigne qu'au moral, je me demande ou est l'urgence pour la viticulture. C'est certe très préoccupant, mais les vins de 2021 manqueront à compter de mars 2022 pour 2 ou 3 ans, et vu les stocks que nous avions depuis la crise Covid et même un peu avant, le manque de produits n'est pas pour tout de suite. S'il y a une préoccupation à avoir c'est d'ordre économique, parce que nous avons mis en place des systèmes qui produisent peu, qui rémunèrent peu, si bien qu'il n'y a plus moyen de mettre de côté (du vin ou des sous) pour les années de vaches maigres. Ce modèle gère l'agriculture comme une usine, avec des ratios de stock au dixième de mois, sans prendre en compte l'interaction avec la nature, ni les conséquences que cela implique. On ne mets pas en route une production de vin, d'asperges, ou de fruits en tournant un bouton. Cela nécessite plusieurs années, mais surtout c'est très incertain, car contrairement à une usine, la bonne réalisation de tous les travaux ne garantie pas le résultat. Oui nous avons véritablement tardé à intégrer la notion de réserve climatique, dans notre modèle viticole, le VCI instauré en 2016 n'a pas réussi à se mettre véritablement en place vu le contexte depuis cette date. Mais il a fait ses preuves en Champagne et à Cognac, il faut lui laisser du temps et surtout permettre de le générer plus rapidement. Étant un militant de sa mise en place depuis mon installation en 1995, je constate qu'on n'a pas compris son fonctionnement, il y a quelques jours j'avais toutes les peines du monde à justifier de son utilité auprès de beaucoup au sein même de notre profession. Au lieu de lutter contre dame nature, apprenons à vivre avec et trouvons les solutions à nos problèmes. Contrairement aux fruits et légumes nous avons la chance que nos produits se conservent.
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