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Achats fractionnés

Accalmie sur le marché vrac des rosés de Provence

Mardi 13 avril 2021 par Michèle Trévoux

Accalmie sur le marché vrac des rosés de Provence
- crédit photo : CIVP
Après la pénurie des dernières campagnes, retour à un marché moins tendu pour les rosés de Provence. Prudents, les metteurs en marché ne se sont que partiellement couverts. Les cours sont en recul, mais se tiennent.

Retour à une époque qu’on croyait révolue pour le marché vrac des rosés de Provence. Contrairement aux dernières campagnes, où les acheteurs se précipitaient pour faire leurs achats dès les premiers vins terminés, cette année la campagne a démarré très tranquillement, malgré la petite récolte. Au 31 mars 2021, avec 282 445 hl contractualisés, les Côtes de Provence enregistrent un recul de 21 % par rapport à la même période de la campagne précédente. Pour les Coteaux Varois en Provence, les volumes (80 000 hl) sont également en retrait mais la baisse est moins sévère (-12 %). Seuls les Coteaux d’Aix tirent leur épingle du jeu : 107 606 hl ont été échangés, un volume en hausse de 12 % par rapport à l’an dernier.

Les cours sont eux aussi à la baisse : le prix moyen en AOC Côtes de Provence s’établit à 299 €/hl, en recul de 8 % par rapport à la campagne précédente, les Coteaux Varois sont à 259 € (-1 %) et les Coteaux d’Aix à 245 € (-7 %).  

Des achats plus tardifs

« Du fait de la crise sanitaire, nous avions des stocks de 2019. Nous avons donc démarré nos approvisionnements plus tard que d’habitude. La situation restant incertaine, nous ne nous sommes pas couverts pour l’ensemble de la campagne. Nous avons fractionné nos achats. Ce n’est pas plus mal d’étaler ce sourcing sur une période plus longue et d’avoir le temps de faire notre sélection sans pression » témoigne Jean-Jacques Bréban, Pdg des Vins Bréban, maison de négoce provençale qui commercialise 9 millions de cols par an (dont 45 % à l’export).

Le courtier Jean-Pierre Bertri fait le même constat : « depuis quelques années, la mise en marché des vins s’est accélérée sous l’effet d’une forte demande. La quasi-totalité de la récolte était vendue à la mi-janvier. Ce n’est pas le cas cette année où la campagne a démarré très timidement. La fermeture des restaurants n’est pas sans impact sur la dynamique des ventes. Janvier et février ont été très calmes, mais malgré tout, on vend du vin tous les jours et les retiraisons sont très régulières. Nous sommes revenus à un calendrier des ventes plus étalé, qui était la norme dans le passé. Cette situation n’a rien d’alarmant, car la saison est devant nous. Si l’été 2021 s’apparente à celui de 2020, la consommation devrait être au rendez-vous et la récolte devrait s’écouler sans trop de difficultés », estime-t-il.

Une fourchette de prix plus large

Eric Pastorino, président de l’ODG Côtes de Provence et président de la cave coopérative de Gonfaron se veut tout aussi rassurant. « Après la pénurie de ces dernières années, nous revenons à une situation plus équilibrée. Les cours qui avaient flambé se sont repositionnés, avec une fourchette de prix plus large qui permet de couvrir tous les segments du marché et de reprendre des parts de marché dans la GD. Cette crise peut être un bien pour notre appellation, car elle nous laisse du temps pour la réflexion, après la frénésie de ces dernières campagnes où tout se vendait très vite à un prix unique. Elle démontre également tout l’intérêt de la contractualisation ».

Du côté de l’export, les ventes semblent bien orientées. En 2020, les rosés de Provence avaient déjà réalisé une bonne performance avec des expéditions en hausse de 6% malgré un fort décrochage sur les USA. Depuis une quinzaine de jours, les entreprises exportatrices constatent une nette reprise « Le marché américain a bien redémarré et nos importateurs britanniques continuent à commander à un très bon rythme » témoigne Jean-Jacques Bréban.

"Les metteurs en marché repassent aux achats"

Autre signe encourageant : les contractualisations sur le seul mois de mars sont en très forte hausse. « Alors qu’habituellement à cette époque, il ne se vend quasiment plus rien, nous avons enregistré des volumes importants cette année : 30 000 hl en AOC Côtes de Provence (+229%), 11 000 hl en Coteaux d’Aix (+386 %), 6 000 hl en Coteaux Varois (+12 %). Les metteurs en marché qui ne se sont que partiellement couverts repassent aux achats. L’an dernier, la saison estivale avait permis de rattraper le retard pris suite au confinement. On peut espérer qu’il en soit de même cette année si le contexte sanitaire permet la réouverture des bars et restaurants » observe Brice Eymard, le directeur du CIVP.

 

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