LE FIL

Selon Hubert de Boüard

Les primeurs 2020 dévoileront un "millésime de consommateur" à Bordeaux

Samedi 03 avril 2021 par Alexandre Abellan

« C’est un festival de bonheur, une dégustation qui ne s’arrête jamais » s'enthousiasme Hubert de Boüard ce 31 mars sur YouTube.
« C’est un festival de bonheur, une dégustation qui ne s’arrête jamais » s'enthousiasme Hubert de Boüard ce 31 mars sur YouTube. - crédit photo : Hubert de Boüard Consulting
En amont d’une semaine atypique de présentation du dernier millésime en cours d'élevage, le consultant bordelais fait le point sur les grandes tendances du dernier millésime, lui trouvant de belles parentés.

Si comparaison n’est pas raison, le jeu des ressemblances entre nouveau millésime en primeur et années précédentes est un exercice incontournable chaque printemps dans le vignoble bordelais. « Le millésime 2020 est un peu à la conjonction des millésimes 2018 et 2019 » pose le consultant Hubert de Boüard, animant ce 31 mars une visioconférence dédiée aux tendances des primeurs 2020 de Bordeaux (dont la semaine de présentation s’adapte à la crise covid et se tiendra du 26 au 29 avril 2021).

« C’est une grande synthèse avec le côté très charmeur, et facile à comprendre, du 2018 et la tension, et le toucher de tannin, que l’on avait en 2019 » ajoute Éric Monneret, le directeur général du château La Pointe (23 ha à Pomerol). L’ensemble « 2018-2019-2020 rappelle la trilogie des millésimes 2008, 2009 et 2010. Même si 2020 est moins solaire que 2010, qui a une énorme structure » avance Marie-Hélène Levêque, à la tête du château Chantegrive (96 ha AOC Graves). « On peut comparer 2010 à 2020 dans certains endroits à Bordeaux avec des vins qui sont mûrs » ajoute Hubert de Boüard, précisant qu’« il y a peut-être un peu plus d’équilibre qu’en 2010, [où] pouvait avoir de temps en temps un petit excès, là, je trouve que dans le 2020 on a des équilibres ».

Équilibres

« Ce qui est surprenant sur ce 2020, c’est que l’on est sur des pleine maturité, mais que l’on est dans un univers de fraîcheur et de légèreté aromatiques » analyse Maxime Tach, œnologue conseil du cabinet Hubert de Boüard Consulting. Le toucher du tanin marque particulièrement Hubert de Boüard, pour lequel « c’est du velours un espèce de cachemire qui nous prend la bouche et qui ne nous ennuie pas ». Se rappelant les mots du professeur Émile Peynaud (« les grands vins, les grands millésimes se goûtent très bien tôt et vont aller dans le temps »), Hubert de Boüard ajoute que « c’est vraiment un millésime de consommateur » avec « une appétence, un toucher de tanin et une fraîcheur qui est assez unique. En quarante ans de métier, je n’ai pas souvent trouvé ça. On a envie de consommer, ce millésime n’est pas fatigant. Cette notion d’appétence est caractéristique. »

2020 « est un joli mariage de subtilité et de gourmandise » conclut Christelle Sorge, du château Deyrem Valentin (13 ha à Margaux).

 

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