LE FIL

Nouvelle analyse

"Je ne saurai plus sélectionner mes rouges sans cet outil"

Jeudi 01 avril 2021 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 12/04/2021 17:37:49

Les préleveurs ont remplacé la pompe à raisin par un outil fait maison récupérant moins de jus.
Les préleveurs ont remplacé la pompe à raisin par un outil fait maison récupérant moins de jus. - crédit photo : VPLSE
Le responsable vin de la cave coopérative des Vignerons de Puisseguin Lussac Saint-Emilion revient sur deux campagnes d’utilisation de l’application maturité phénolique développée par Foss et l’ICV.

Pendant quatre ans, Foss et l’Institut Coopératif du Vin ont collecté et analysé 1 700 échantillons de raisins de cépages rouges et rosés de la Vallée du Rhône, de la Provence et de l’Occitanie pour développer l’application « maturité phénolique » du Winescan. Celle-ci fait des émules. « Après deux ans d’utilisation, nous ne pourrions plus nous en passer » assure Thomas Troulay, responsable vin et œnologue pour la cave coopérative de Puisseguin Lussac Saint-Emilion. « Avant 2019, nous utilisions déjà le Foss pour suivre la maturité technologique ». En parallèle, les techniciens de la cave réalisaient des visites au vignoble pour déguster les baies et juger visuellement de l’état sanitaire.

« Quand nous avons appris que le Foss permettait de faire des analyses Glories, nous nous sommes équipés pour mieux estimer la date de récolte, et améliorer nos sélections et découpes parcellaires » explique le responsable vin. La cave a ajouté l’Aph1, indiquant la teneur totale en anthocyanes, et la maturité des pépins à son tableau de bord de suivi de parcelles. « L’application propose aussi la teneur en anthocyanes facilement extractibles, les composés phénoliques totaux, et l’extractibilité des anthocyanes, mais ce sont les deux critères que nous avons jugés les plus simples à interpréter ».

437 analyses par jour

Avant de généraliser l’utilisation de son nouvel outil, la cave a comparé ses résultats avec des analyses Glories réalisées au laboratoire de Coutras. « Nous avons réalisé que le Foss était très fiable, avec des résultats plus répétables, et nous l’avons tout de suite généralisé à nos 880 hectares ». En 2019, la cave a ainsi réalisé 3 662 analyses Glories, avec un pic à 437 analyses sur une seule journée. Pour déterminer la date de récolte, les adhérents amènent leurs raisins au moins deux fois à la cave. « Les meilleurs font même trois voire 4 prélèvements » ajoute Thomas Troulay.

Au moment des apports à la cave, les baies sont prélevées dans les remorques qui arrivent sur le quai de réception et acheminées au laboratoire, où un laborantin les passe dans 3 blenders pendant deux minutes. « Nous ne nous amusons pas à compter 200 baies mais nous mettons un coup de marker sur les blenders pour arriver au bon nombre » détaille Thomas Troulay. Les broyats sont ensuite filtrés à l’aide de deux pompes à vide, « cela ne demande que 15 secondes au lieu des 15 minutes requises avec les papiers plissés classiques », puis analysés par un second laborantin.

"Cohérent par rapport aux visites terrain"

« Nos résultats sont cohérents par rapport à nos visites terrain, les meilleures parcelles présentant les meilleurs potentiels phénoliques ». Le responsable vin constitue désormais ses lots en se basant sur le paramètre Aph1. « Entre 1 200 et 1 400, les vins avoisinent les 50 à 60 d’IPT à la fin des vinifications. Quand on passe 1 400mg/l, on est autour de 60-70. Au-delà de 1 800, on frôle les 80 d’IPT. Nous essayons de cibler les 35 à 40 en maturité pépin ».

En plus des indices de maturité technologique et sanitaire, la cave pense intégrer l’analyse Glories du Foss dans la rémunération de ses viticulteurs.

 

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