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Semaine tendue

Le vignoble méridional échappe au gel (pour l'instant)

Vendredi 26 mars 2021 par Michèle Trévoux

Le débourrement des vignes est général sur tout l'arc méditerranéen (ici un cep de chardonnay au stade 3-4 feuilles).
Le débourrement des vignes est général sur tout l'arc méditerranéen (ici un cep de chardonnay au stade 3-4 feuilles). - crédit photo : Michèle Trévoux
Soulagement pour les vignerons méridionaux qui sont passés à travers les gelées après une semaine à risque. Sur tout l’arc méditerranéen, le débourrement a commencé précocement, mais avec une petite semaine de retard par rapport à l’année dernière qui avait été exceptionnellement précoce.

Les viticulteurs méridionaux ont eu chaud. Durant la semaine qui vient de s’écouler, les températures sont souvent tombées en-dessous de zéro au cours de la nuit, alors que la vigne a commencé à se réveiller dans de nombreux secteurs. « Dans certains coins les plus froids du Haut Var, le thermomètre a affiché jusqu’à - 6°C dans la nuit, mais heureusement, ces secteurs très gélifs ne sont pas plantés en vigne. La période a malgré tout été critique dans certains endroits où les températures ont été négatives alors que la vigne a démarré son cycle végétatif. Les viticulteurs du golf de Saint Tropez, traumatisés par le gel l’an dernier, ont serré les dents, mais finalement il n’y a pas eu de dégâts » indique Olivier Thevenon, conseiller à la Chambre d’agriculture du Var.

Même frayeur dans le Gard où les températures nocturnes ont été négatives les nuits du 21 au 24 mars, mais là encore, le pire a été évité. « Le vent a réduit le risque. Il n’y a que quelques petits dégâts ponctuels dans des bas-fonds » constate Bernard Genevet, consultant viticole à l’Institut Coopératif de la Vigne et du Vin. L’annonce de températures plus clémentes à partir de cette fin de semaine a calmé les esprits. Même si le risque de gel n’est pas écarté pour autant, le froid pouvant revenir au mois d’avril comme ce fut le cas en 2017.

"Une semaine plus tard"

Sur tout l’arc méditerranéen, le débourrement a commencé pour les cépages et secteurs précoces : aux alentours du 5 mars dans l’Hérault, vers le 8 mars dans l’Aude. « C’est une semaine plus tard que l’année dernière où le record de précocité avait été battu. Au 20 mars, on en est au stade 2 à 3 feuilles dans les secteurs précoces. Il y a encore peu, on situait le débourrement au 1er avril dans notre région. Cette époque est révolue. On a gagné quasiment 3 semaines, ce qui réduit d’autant la période de la taille et de la récolte des bois pour les pépiniéristes », observe Jacques Rousseau de l’ICV.

Dans l’Aude, Miguel Delucchi estime qu’environ 50 % des parcelles précoces ont débourré, ce qui correspond à l’avance observée l’an dernier. Dans le Vaucluse, la situation au vignoble est similaire à celle de 2019. « La vigne a une dizaine de jours de retard par rapport à l’an dernier. Le débourrement commence tranquillement dans les secteurs précoces » relève Rémi Vandame de la Chambre d’Agriculture.

Déficit d'eau

Autre fait marquant de ce début de saison pour l’ensemble du vignoble méditerranéen : la très faible recharge en eau des sols. L’hiver a été particulièrement sec et les nappes sont basses. « Il nous manque la moitié de la pluviométrie que nous recevons habituellement en hiver : nous avons reçu de 150 à 200 mm contre 300 à 400 mm habituellement. Le niveau d’humidité des sols correspond à celui que nous avons généralement en mai ou juin. Pour le moment, ça ne pose pas de problème, mais il faut espérer qu’il pleuve en avril et mai pour recharger nos sols en eau » souligne Bernard Genevet.

 

 


 

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