LE FIL

Court-noué

Le diagnostic nématode permet un juste repos du sol, pensez-y

Lundi 29 mars 2021 par Christelle Stef

Le court-noué se manifeste par des décolorations du feuillage qui devient jaune citron. Le diagnostic des nématodes vecteurs permet d'appliquer le bon temps de repos du sol nécessaire à la lutte contre la virose
Le court-noué se manifeste par des décolorations du feuillage qui devient jaune citron. Le diagnostic des nématodes vecteurs permet d'appliquer le bon temps de repos du sol nécessaire à la lutte contre la virose - crédit photo : Christelle Stef (photo d'archive)
Vitinnov propose depuis 2009 un diagnostic des nématodes pour raisonner la durée du temps de repos du sol nécessaire pour lutter contre le court-noué. La méthode est efficace. Les vignerons qui ont fait appel à ce service et ont respecté le temps de repos préconisé n’ont pas eu de recontamination par le court-noué.

Ça vaut le coup. En évaluant la fréquence et l’abondance des nématodes vecteurs du court-noué dans une parcelle de vigne lors de son arrachage, le vigneron peut raisonner la juste durée de repos de sol nécessaire pour lutter contre la virose. Les vignerons qui ont réalisé ce diagnostic et qui ensuite ont respecté la durée de repos conseillé n’ont pas eu de recontamination par le court-noué.

C’est ce qu’a expliqué Coralie Dewasme, de Bordeaux Sciences Agro, le 11 mars, lors d’un webinaire consacré aux dernières avancées sur les viroses de la vigne, organisé par la cellule de transfert Vitinnov.

Des résultats prometteurs

Vitinnov propose ce diagnostic des nématodes depuis 2009. Dans le cadre du projet de recherche Jasympt (financé par le plan national du dépérissement du vignoble), les chercheurs évaluent son efficacité. Pour cela, ils réalisent des tests Elisa pour vérifier le niveau de contamination par le court-noué de différentes parcelles choisies en fonction de leur potentiel infectieux initial (faible, moyen, fort) défini par le diagnostic nématode, et en fonction de la durée de repos du sol appliqué par le viticulteur (courte ou longue).

Ce projet initié en 2020 se poursuit jusqu’en 2023. En 2020, les chercheurs ont déjà analysé un tiers des parcelles. « Et pour le moment, on n’a pas de recontaminations des parcelles quand le repos recommandé a été suivi par le viticulteur. On a des recontaminations importantes uniquement dans les parcelles à fort potentiel infectieux quand le repos long qui était recommandé n’a pas été suivi et que c’est un repos court qui a été appliqué, ce qui est le cas le plus à risque », a détaillé Coralie Dewasme.

Un coût de 1 600 €/ha pour le diagnostic

Le diagnostic nématodes consiste à réaliser des fosses pédologiques (10 par hectare) pour prélever des échantillons de terre. Les nématodes sont ensuite extraits de ces échantillons, dénombrés puis identifiés. Comptez 160 €/échantillon, soit 1 600 € par hectare.

De 2009 à 2019, Vitinnov a ainsi échantillonné 287 parcelles en Gironde, lors de leur arrachage. La plupart présentaient un historique court-noué. Dans 25 % des cas, la cellule de transfert n’a pas détecté de nématodes vecteurs « Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en avait pas. C’est juste que la densité de notre échantillonnage n’a pas permis de les détecter. Ceci dit cela correspond à un risque plutôt faible », a expliqué Coralie Dewasme. Dans 32 % des cas, les nématodes étaient faiblement présents. Dans ces deux situations, le temps de repos peut être court. Dans 18 % des parcelles, les nématodes étaient moyennement présents et dans 25 % des cas fortement présents. Là Vitinnov recommande des repos plus longs : 2 à 3 ans si le potentiel est moyen et plus de 4 ans lorsqu’il est élevé.

"Dans une parcelle sur deux un repos de longue durée n’est pas nécessaire"

« Dans une parcelle sur deux un repos de longue durée n’est pas nécessaire. Toutefois si on ne fait pas d’évaluation des populations de nématodes, dans un cas sur deux on a un potentiel de recontamination rapide avec perte de rendement associé et d’autres dégâts dû au court-noué si on ne respecte pas le repos du sol suffisant par rapport au potentiel infectieux. Les évaluations de la durée de repos du sol ne peuvent donc pas se baser uniquement sur les observations faites à la vigne avant arrachage » a conclu Coralie Dewasme.

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