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Stratégie

Les distilleries coopératives viticoles et leurs filiales en ordre de bataille

Lundi 16 mars 2020 par Hubert Burnereau

Le moût de raisin est une des matières premières utilisées par les distilleries.
Le moût de raisin est une des matières premières utilisées par les distilleries. - crédit photo : DR
Le président de la Fédération Nationale des Distilleries Coopératives Viticoles, Hubert Burnereau, défend l'action des distilleries coopératives viticoles.

Sur la quarantaine de distilleries viticoles françaises, la FNDCV regroupe 8 distilleries coopératives viticoles et deux distilleries filiales. Ces 10 entreprises  traitent environ 55% des marcs et des lies en France. Elles sont implantées dans la plupart des bassins viticoles français. Notre secteur a connu une forte restructuration sous le triple effet d’une baisse des volumes de vins produits, des concentrations de caves, et des évolutions de la PAC. Entre 2007 et 2018, le nombre de distilleries coopératives viticoles a été divisé par 3 avec la recherche constante d’un équilibre entre les recherches d’économies d’échelle et le service de proximité attendu par les vignerons comme l’attestent les 17 sites en activité.

Les productions

Grâce à leurs process industriels, les distilleries élaborent à partir des marcs de raisins, des lies de vins des coproduits qui ont 4 débouchés :

alimentaires :  (des eaux-de-vie de vin , des distillats pour le marché des brandies ; des alcools rectifiés pour le mutage; des pépins de raisins (l’huile de pépins de raisins) ; des tartrates de chaux transformés en acide tartrique naturel utilisé notamment en œnologie ; des polyphénols pour les entreprises les plus diversifiées; énergétiques : production d’alcool brut pour biocarburants avancés (deuxième génération), production de chaleur via les chaudières biomasse , production de biogaz par la méthanisation d’effluents/ agricoles : production d’amendements et d’engrais organiques répondant à des normes AFNOR industriels : alcools pour fabrication de gel hydro-alcoolique, lave-glace etc…

 

La diversification lorsqu’elle était possible en fonction de la nature des marcs traités, avec notamment la production de polyphénols a été synonyme de chiffres d’affaires et d’emplois supplémentaires.

Sur les 18,6 millions d’HAP agricole produits en France en 2017/ 2018, moins de 2%  étaient issus des résidus viniques.

Les investissements des adhérents de la FNDCV

Ils représentent chaque année 9% de leur CA  en moyenne, soit 2.3 fois plus que les IAA.

Ils portent essentiellement sur la sécurité, l’environnement, l’énergie et l’amélioration des process.

 

Ces productions, ces investissements sont aussi possibles grâce à des équipes de salariés performantes avec notamment 17 % de cadres de haut niveau. Certains budgets en recherche et développement ont été soutenus par FAM

La PAC

La réglementation communautaire donne la possibilité à chaque Etat membre de l’Union Européenne d’attribuer, dans certaines conditions, des aides FEAGA à la collecte et à la distillation des sous-produits. Sur la période 2014/2018, l’Espagne a été la première bénéficiaire de ce régime suivie par la France, l’Italie, le Portugal, la Hongrie et la Roumanie.  

La part de budget européen attribué à la distillation s’élève, entre 2014 et 2018, à 6% du montant total des enveloppes attribuées à la viticulture européenne (source DG AGRI C2). Les projets de Règlement portant réforme de la PAC prévoient d’ailleurs le principe de reconduction des aides.

 

Les 10 distilleries de la FNDCV perçoivent un peu plus de 5% du budget du Plan National d’Aides en France. Ces aides à la distillation bénéficient aux producteurs de vin soit directement (reversement des aides au transport lorsque les marcs sont apportés par  les producteurs de vin), soit indirectement, le traitement des marcs et des lies étant a minima à coût nul pour les producteurs de vins.  La France a précisé dans les Programmes Nationaux d’Aides transmis à Bruxelles « L’objectif général du régime d'élimination des sous-produits de la vinification est de préserver la qualité des vins en évitant le sur-pressurage des raisins. Dans le cadre de cet objectif général, la distillation des sous-produits a pour objectifs spécifiques de faciliter le contrôle du respect de cette interdiction et de limiter la pression environnementale qui résulterait de l’épandage des sous-produits. In fine, la réussite de la mesure repose sur le maintien d’un outil de distillation à proximité des centres de vinification et la mesure a donc pour objectif opérationnel de préserver cet outil en compensant les coûts supportés par les distillateurs pour la réalisation de ce service d’intérêt général. »

 

Sur le plan environnemental :

 

D’abord, l’analyse de cycle de vie réalisée sous le couvert de FAM dans le cadre de l’expérimentation nationale de la valorisation des marcs et des lies, a démontré que la filière de la distillation était la plus vertueuse par rapport aux autres voies de traitement possible.

 

Ensuite, les distilleries viticoles participent également à la lutte contre les émissions de Gaz à effet de serre à deux niveaux :

en produisant des amendements organiques (cf initiative 4 pour 1000). en produisant des bioéthanols avancés (2ème génération) issus de résidus qui permettent une baisse des gaz à effet de serre de 72% (source DGEC 2019) par rapport à l’énergie fossile remplacée plaçant les distilleries viticoles dans le trio de tête des filières les plus vertueuses.

 

La mise en marché des co-produits :

 

Grâce à leur coopération, les distilleries coopératives viticoles sont actionnaires en tout ou partie, de plusieurs outils de mise en marché communs dont le capital est exclusivement détenu par des distilleries:

Raisinor France pour les  pépins de raisins destinés à la production d’huile  Raisinor France Alcool pour les alcools orientés vers les marchés industriels et biocarburants Union Française des Alcools et des Brandies,   L’Union Nationale Interprofessionnelle des Tartrates

 

 

Nos distilleries coopératives viticoles et leurs filiales sont des actrices de la bioéconomie, et de l’économie circulaire. Elles sont des outils de dépollution et de régulation des marchés comme le prouve la récente distillation de crise (2.2 millions d’hls en 2020).  Elles ont pour ambition de s’inscrire de façon durable, dans une double performance environnementale et économique au service des vignerons et de la viticulture. Elles ont su faire preuve de leur utilité dans un contexte de crise sans précédent; elles continueront de s’armer pour l’avenir.

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