LE FIL

Femmes du vin

Vendredi 12 mars 2021 par Marion Ivaldi

Le monde du vin, depuis quelques années déjà, met en avant la féminisation de son secteur. Il n’est plus rare qu’un père passe la main à sa fille au moment du départ à la retraite. Peu à peu, l’idée que travailler la vigne et faire du vin est un métier d’homme s’est évanouie. C’est une bonne nouvelle pour les femmes passionnées par le vin ! Cette évolution est louée par les médias, les marques qui n’hésitent pas à mettre en valeur les femmes qui réussissent dans le monde du vin. De quoi mettre en concorde le produit vin avec la revendication sociale de l’équité homme/femme dans la société. Ce procédé marketing est d’ailleurs le fait de nombreuses entreprises. Et la cause des femmes est utilisée comme une valeur de marque dont le fondement est laissé au seul arbitre de l’entreprise elle-même. Cette méthode commence à être dénoncée sous le mot de « fem-washing » ou « féminisme washing », un parallèle avec le « green washing », un procédé marketing qui consiste à laisser penser qu’une entreprise est solidement engagée dans la transition environnementale. Et n’y a-t-il pas un soupçon de "fem-washing" dans le monde du vin ? Les données de la MSA montrent que la filière vin est loin d’être la plus féminisée de l’agriculture. Et que les ouvrières sont plus susceptibles d’avoir accès à un emploi précaire. Bien loin de ce que certains aimeraient laisser voir de la filière vin qui exploite une sémiologie vinique largement féminine pour contextualiser le vin dans une lutte sociale qui n’a proprement rien à voir. En réaction à cette pratique, des groupes de vigneronnes se forment, se posent pour ce qu’elles sont, des professionnelles. Elles tentent d’expliquer qu’il n’existe pas de goût féminin du vin, sans que pour autant l’idée ne disparaisse totalement. Elles tentent de se défaire des clichés et de revendiquer leur singularité. Ces groupes alors souvent vus comme des task forces commerciales pour vendre, soit une manipulation féminine pour s’implanter sur un marché. L’égo est au centre du métier de vigneron qui valorise sa personnalité, son héritage, son patrimoine, sa technicité à travers son produit. Or, l’égo n’est pas une valeur féminine forte. La bienveillance, le souci des autres et l’équité sont bien davantage féminin. En valorisant son management bienveillant, son implication familiale, son souci de l’équité dans le travail avec les fournisseurs ou la clientèle ; la vigneronne posera son produit dans des valeurs positives qui petit à petit cheminent dans la société, notamment dans la jeune génération. Une opportunité pour les vigneronnes d’être perçues comme des professionnelles ? Et rien d’autre.

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VOS RÉACTIONS
SAMALETHEIA Le 12 mars 2021 à 13:51:39
depuis bientôt 3 ans nous nous efforçons de créer un projet, dans le monde du vin, qui revendique ces choses... où sont les investisseurs? où sont les pouvoir public? L'ego oui c'est bien lui le problème...
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