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Covid-19

L’arrêt du trafic aérien va encore impacter les prévisions météo cette année

Lundi 08 mars 2021 par Marion Bazireau

Le modèle américain GFS utilisé par la plupart des sites météos (Météo60, Météociel, Accuweather, Météoblue, 360Viti…) donne des résultats 'catastrophiques'.
Le modèle américain GFS utilisé par la plupart des sites météos (Météo60, Météociel, Accuweather, Météoblue, 360Viti…) donne des résultats 'catastrophiques'. - crédit photo : Creative Commons
Elles s’annoncent aussi mauvaises qu’en 2020. Depuis le début de la crise covid, les météorologistes ont perdu 75% des données habituellement recueillies par les sondes des avions lors des vols commerciaux.

Les prévisions météo en 2020 ? « Peu ou pas fiables du tout » selon 91% des participants à la conférence du millésime organisée par Fruition Sciences ce 4 mars.

Emmanuel Buisson, expert chez Weather Measures, le leader français de la météorologie spatialisée pour le secteur agricole, a expliqué pourquoi. « La crise sanitaire a fait reculer le trafic aérien de 75% » a-t-il commencé par rappeler, « or presque tous les avions commerciaux embarquent des sondes qui collectent de l’information dans les deux hémisphères sur les mouvements des masses d’air chaud et froid toutes les 30 secondes et aident à prévoir leurs interactions ».

Même si l’aviation n’apporte que 20% du total des données compilées par les modèles de prévision, elle constitue une source précieuse et complémentaire des données fournies par les satellites géostationnaires ou défilants.

« Globalement la pandémie nous a fait faire un bond de 10 ans en arrière concernant la fiabilité des prévisions météos »a estimé Emmanuel Buisson. Les prévisions supérieures à 3 ou 4 jours sont les plus impactées.

Impacts différents selon les modèles

Le modèle américain gratuit GFS (Global Forecast System) utilisé par la plupart des sites météos (Météo60, Météociel, Accuweather, Météoblue, 360Viti…) pour donner des prévisions à 15 jours, avec une précision à 20 km près, souffre ainsi énormément de la diminution du trafic aérien. « Ses résultats sont catastrophiques et beaucoup de sites s’interrogent sur le fait de le conserver pour leurs prévisions à plus de 5 jours. Il a notamment beaucoup surestimé la pluie en 2020 ».

Le modèle européen IFS reste selon l’expert très performant malgré le covid. « Mais il est malheureusement très cher ».

Au jour J ou à J+1, le modèle Arome utilisé par MétéoFrance et la majorité des sites reste bon. Le modèle Arpege également très utilisé pour les prévisions à 3 voire 4 jours avec une résolution de 8 à 10 kms est performant sur la pluviométrie, « mais surestime un peu la température ».

Le modèle WRF de la communauté internationale scientifique déployé par Météociel ou Infoclimat donne des prévisions encore correctes entre 1km, pour les 24 heures à venir, et 10 kms, jusqu’à 4 voire 5 jours.

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