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La demande de vin aux Pays-Bas ne se résume plus au prix

Lundi 08 mars 2021 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 11/03/2021 15:06:52

« Les Pays-Bas sont un marché où l’on consomme moins le vin que dans d’autres pays, comme la Belgique ou le Luxembourg » indique Michèle Laîné.
« Les Pays-Bas sont un marché où l’on consomme moins le vin que dans d’autres pays, comme la Belgique ou le Luxembourg » indique Michèle Laîné. - crédit photo : Restaurant Zoldering à Amsterdam (par Milton Verseput)
Difficile d’accès avec les stocks accumulés, le marché néerlandais n’en reste pas moins prometteur pour les vins français qui peuvent surfer sur la hausse des prix moyens observés.

Attention aux clichés, surtout en cette période de crise sanitaire rebattant les cartes. Pour les opérateurs du vin français, l’idée générale reste que les Pays-Bas sont un marché de prix : « oui les importateurs négocient à fond, c’est dans leurs gènes d’être commerçant. Mais les distributeurs ont pris conscience que pour avoir un bon produit, il faut mettre les moyens » indique Michèle Lainé, chargée d’affaires export pour les vins et spiritueux au bureau d’Amsterdam de Business France.

Indiquant que le marché a évolué, l’experte en veut pour preuve la hausse attendue du prix moyen des vins vendus en 2020. En grande distribution, le prix d’achat passerait de 3,5 à 4,5 ou 5 €. Chez les cavistes, le ticket moyen passerait 7,5 à 8,5 ou 9 €. Pour les ventes en ligne, la hausse serait de 11 à 12 €. Accélérée par la pandémie de covid et ses confinements, cette tendance existait avant la crise sanitaire. « La culture gastronomique augmente dans les Pays-Bas, grâce à des émissions de cuisine de plus en plus nombreuses » indique Michèle Lainé, qui note cependant que 15 % seulement des Néerlandais consommeraient du vin pendant le repas (mais plutôt avant, en apéritif, ou après, devant la télévision).

Domination des IGP et vins de France

Si le marché néerlandais évolue dans sa valorisation, les vins français qui y sont les plus importés restent marqués par une idée de prix accessibles, avec une domination des vins IGP (Pays d’Oc et Sud-Ouest en tête) et vins de France (voir infographies ci-dessous). Michèle Laîné note cependant un développement fort de certaines appellations (Provence pour le rosé, Loire portée par le chenin…) et de label valorisé (notamment le bio, pesant pour 10 % du marché, mais aussi la biodynamie et la démarche des vins nature).

Restant leaders, les vins français affichent de belles croissances sur le marché néerlandais en 2020 (+5 % en volume et +4 % en valeur par rapport à 2019), qui demeurent cependant en deçà des performances de l’ensemble du marché (respectivement +10 et +11 %). Les Pays sont un marché mature, voire saturé indique Michèle Laîné, qui souligne la forte concurrence internationale, venue des vins du nouveau monde (Chili et Afrique du Sud), mais aussi des vignobles européens (notamment d’Allemagne).

Croissance du e-commerce

Si les réexportations de vins peuvent expliquer ces importantes hausses d’importation (notamment vers la Belgique, la Norvège et la Grande-Bretagne), il n’en demeure pas moins que l’année 2020 est une très bonne année commerciale pour les réseaux de la grande distribution et des cavistes. Ainsi que pour la digitalisation des ventes de vins, la part de marché des ventes en ligne passant de 10 à 35 % pour les vins.

Mais alors que les restaurants restent fermés dans les Pays-Bas (depuis le 14 octobre 2020), les stocks de vin restent élevés pour les fournisseurs du réseau CHR (Café, Hôtel et Restaurant). Michèle Laîné évoque ainsi des ventes de stocks entre distributeurs, pour transférer les invendus de la restauration vers les circuits actuellement opérationnels.

"Pas facile de s’implanter"

Dans ce contexte, « aujourd’hui, il n’est pas facile de s’implanter sur le marché néerlandais. Il y a beaucoup de stocks. Il est compliqué de trouver un importateur qui recherche des vins français. Le pays est petit, ils ont généralement un vin par région viticole en portefeuille » rapporte Michèle Laîné. Qui note que les opérateurs français peuvent se distinguer par l’innovation, en termes de nouveaux produits (sans alcool) et packagings (étiquettes sobres et pas vieillottes).

Pour en savoir plus sur ce marché, cliquer ici.

 


 

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