LE FIL

Phytos

Trois fongicides de la vigne repérés dans l’air plusieurs semaines après traitements

Mercredi 24 février 2021 par Marion Bazireau

La viticulture était majoritaire sur 2 des 7 sites étudiés.
La viticulture était majoritaire sur 2 des 7 sites étudiés. - crédit photo : Adama
Il s’agit du folpel, du cymoxanil et de la spiroxamine, d’après 3 ans de mesures de la qualité de l’air dans sept régions agricoles et viticoles par les techniciens du projet Repp’Air. Les autres phytos semblent moins volatiles.

Les 26 partenaires de RePP’Air ont fait le bilan de leur ambitieux programme de mesures des quantités de produits phytosanitaires retrouvées dans l’air de sept zones agricoles ou viticoles.  « En 2017, les techniciens des atmo ont placé des collecteurs d’air en sortie de villages pour évaluer l’exposition des habitants aux pesticides. Ils en ont aussi installé au sein de lycées agricoles, comme au Landreau en Loire-Atlantique, ou à la Couronne en Charente » a rappelé Alfred Klinghammer, de la Chambre régionale d'agriculture Grand Est, porteuse du projet, à l’occasion d’un webinaire

1 analyse/semaine pendant 3 ans

Tous les agriculteurs et viticulteurs installés dans un rayon d’1km ont été interrogés sur le nombre et la quantité de molécules utilisées. Chaque semaine pendant toute la période de traitements des campagnes 2017, 2018 et 2019, les techniciens les ont recherchées dans les filtres des collecteurs. Dans les régions viticoles, les analyses ont été réalisées entre les mois d’avril et de septembre.

En Loire-Atlantique, sur les 32 molécules recherchées durant trois campagnes, seules 18 ont été quantifiées au moins une fois en laboratoire. En Charente, les techniciens en ont identifié 26 sur 46. « La plupart des pesticides couramment utilisés par les agriculteurs et viticulteurs ne se retrouvent pas dans l’air » reprend Alfred Klinghammer. Certaines substances actives sont quantifiées uniquement en période de traitement, « traduisant une dérive ».

D'autres ont en revanche été analysées plusieurs semaines après l’arrêt des traitements. « Nous sommes dans ce cas en présence d’une volatilisation des pesticides ». L’ingénieur l’a par exemple constaté avec le Folpel au Landreau. « Nous en avons analysé dans l’air pendant les périodes de traitements, entre les semaines 20 et 28, mais également après avec des teneurs décroissantes jusqu’à la semaine 36 ».

Au total, les partenaires ont identifié douze fongicides ou herbicides ayant tendance à se volatiliser. En viticulture, en plus du folpel, ce fut le cas du cymoxanil et de la spiroxamine.

"La dispersion dans l’air n’est pas toujours liée à la quantité"

Ils ont réalisé toute une batterie d’analyses statistiques pour expliquer le phénomène. Ils ont d’abord remarqué que la dispersion dans l’air n’est pas forcément liée à la quantité de produit utilisée. « C’est le cas pour le folpel et la spiroxamine mais pas pour beaucoup d’autres molécules » explique Alfred Klinghammer.

Les partenaires ont en revanche remarqué que plus la pression de vapeur saturante et la constante d’Henry des fongicides sont élevées plus ils ont tendance à se volatiliser. Même chose pour les herbicides avec le Log Kow, qui traduit leur solubilité.

« Nous avons aussi noté des différences selon les formulations des produits » indique Alfred Klinghammer. La spiroxamine est davantage retrouvée dans l’air lorsqu’elle est appliquée sous forme de suspensions concentrées que sous forme de concentrés émulsionnables.

Les granulés à disperser dans l’eau n’ont pas entraîné de transferts vers l’air dans la majorité des traitements. « Mais nous avons constaté l’inverse a été constaté pour le folpel, reprend le technicien, c’est un sujet qui mérite d’être creusé ».

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
Ylber Le 25 février 2021 à 20:53:06
I am interested in treating ESCA,
Jeando Le 25 février 2021 à 19:13:48
Mais c'est quoi cette manie de toujours s'en prendre à la viticulture ? N'avez vous pas d'autres recherches à faire sur des problèmes bien plus graves actuellement ? Et arrêtez de dramatiser et donnez nous les quantités retrouvées dans l'air face à leur niveau de toxicité pour l'être humain... À moins que cela rendrait moins intéressant cet article ?
Chris Le 25 février 2021 à 13:21:50
Et les micros particules cancérigènes de paquebot qui ne sont pas essentielles ; les cigarettes qui tuent un fumeur sur 2 ; les avions etc . On en parle ? Passer un moment faudrait comparer tous ça en nombre de malades ! Et peut être que l'agriculture ,essentielle elle, ne serait plus autant critiquée !
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé