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Pollution

Une lutte contre le gel plus écologique

Jeudi 11 février 2021 par Marion Bazireau

Les chaufferettes à bois ne dégagent pas de fumée dans les vignes.
Les chaufferettes à bois ne dégagent pas de fumée dans les vignes. - crédit photo : Claude Gros
Un laboratoire spécialisé dans les analyses environnementales a comparé les émissions des chaufferettes à bois à celles des chaufferettes au fuel et des bougies de paraffine. Les premières émettent autant de CO2 mais 10 fois moins de particules fines.

Le chaudronnier Claude Gros a eu l’idée de lutter contre le gel à l’aide de sarments de vigne il y a déjà 15 ans. « A l’époque, ça n’avait intéressé personne. Il gelait moins, le fioul ne coûtait rien, et les viticulteurs se fichaient un peu de l’environnement » se souvient-il.

Les mentalités ayant changé, l’entrepreneur a retesté, breveté et commercialisé ses chaufferettes Viti-Chauffe en mars 2020. Et à nouveau joué de malchance. « Mes fabricants ont dû cesser leur activité au printemps et mes affaires ne sont pas développées aussi rapidement que le covid ».

Cette année lui aura tout de même permis de trouver des distributeurs dans les principales régions viticoles et d’écouler 3000 premières unités.

Et les résultats d’analyses réalisées fin 2020 par le laboratoire indépendant Socor à la demande de Taitinger et du Comité Champagne lui permettront peut-être de voir ses ventes décoller avant le printemps prochain.

Le laboratoire spécialisé dans les analyses environnementales a comparé le monoxyde de carbone, d’azote, et la quantité de particules fines émises par les chaufferettes à bois, celles à fuel, et par les bougies de paraffine.

"10 fois moins de particules fines"

Les émissions de monoxyde de carbone et d’azote sont égales voire légèrement supérieures pour les chaufferettes à bois. « Sauf que pour le carbone elles sont d’origine biosourcée » précise Claude Gros, ajoutant que les oxydes d’azote ne sont pas problématiques en milieu rural.

Les chaufferettes à bois émettent surtout 10 fois moins de particules fines, toutes tailles confondues, que les deux autres systèmes de lutte contre le gel. « Cela n’est pas surprenant. On ne voit presque pas de fumée sortir des chaufferettes à bois, signe d’une bonne combustion » rappelle Claude Gros.

Ce système peu polluant a été ajouté au référentiel « viticulture durable en Champagne » du CIVC.

Economie circulaire

Claude Gros compte aussi sur l’économie circulaire pour se démarquer. « Les granulés à haute densité sont indispensable pour obtenir un fort dégagement de chaleur. Les chaufferettes de 15 kW en consomment entre 1,5 et 3 kgs par heure, mais les viticulteurs peuvent ajouter jusqu’à un tiers de broyats issus de leurs vignes dans le brûleur, des plaquettes ou des sarments ».

Une chaufferette à bois réchauffe la vigne sur 40 à 50 m². Selon le profil de la parcelle, il en faut 200 à 250 pour protéger un hectare. Leur prix de départ est fixé à 240€.

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