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Le Languedoc surveille 100 parcelles de cépages résistants

Mardi 26 janvier 2021 par Marion Bazireau

La majorité des parcelles sont encore des plantiers. Le souvignier est le cépage le plus représenté, suivi par le cabernet kortis, le muscaris, le floreal et le soreli.
La majorité des parcelles sont encore des plantiers. Le souvignier est le cépage le plus représenté, suivi par le cabernet kortis, le muscaris, le floreal et le soreli. - crédit photo : Wikifarmer
Un nouveau réseau de vignerons ayant planté des cépages résistants permet aux conseillers viticoles de se faire une meilleure idée de leur comportement dans les différents terroirs de l’arc méditerranéen.

Jusqu’à présent, les techniciens languedociens avaient peu d’options pour se familiariser avec les cépages résistants. Ils pouvaient se rendre sur les parcelles expérimentales des Chambres d’agriculture, les domaines de Cazes et Tresserre, dans l’Aude et les PO, à la station Sudexpé Saint Gilles dans le Gard, ou au domaine du Chapitre de l’Inrae dans l’Hérault.

« Nous avions en plus accès aux lycées viticoles de Carcassonne et Rodhilan et à quelques parcelles plantées en 2014 dans l’Hérault pour expérimentation chez des vignerons, a complété Nathalie Fortin, de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, lors d'un webinaire organisé par l'Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV). Mais elles n’étaient pas assez nombreuses pour représenter la diversité des conditions pédoclimatiques que l’on connaît sur l’arc méditerranéen ».

"Nous ne connaissions pas leur réponse aux maladies"

Si bien que lorsque les vignerons les ont questionnés suite au classement définitif de 16 cépages résistants en 2018, les conseillers n’avaient pas les références nécessaires pour les orienter. « Nous ne connaissions notamment pas leur réponse aux maladies ou aux coups de chaud, comme celui que nous avons connu le 28 juin » reprend Nathalie Fortin.

Un nouveau réseau porté par le Comité régional pour la reconversion qualitative différée du vignoble (RQD) a vu le jour en avril 2020 pour leur permettre d’y voir plus clair. Il regroupe 66 parcelles chez 36 viticulteurs en cave particulière ou coopérative, et 20 conseillers issus des 4 Chambres d’agriculture.

« Nous avons fait en sorte qu’elles soient à l’image des 70 hectares de cépages résistants plantés dans la région depuis 2018, avec des porte-greffes et des sols variés » précise Nathalie Fortin. Avec 13 parcelles, le souvignier est le cépage le plus représenté. Il est suivi par le cabernet kortis (9), le muscaris (8), le floreal (7) et le soreli (7). « Trois nous manquent encore pour avoir toutes celles classées définitivement : le cabernet blanc, le pinotin et le sauvignac ».

"Majorité de cordon"

La plupart des parcelles sont encore des plantiers. D’autres ont été taillées une première année. « Nous en avons une vingtaine en cordon de royat, sept en taille mécanique précise, mais aussi trois en taille longue, et une en non-taille, témoignant de la volonté de certains viticulteurs de réduire leurs coûts de production ».

Ce nouveau maillage a déjà permis aux conseillers d’en apprendre un peu plus sur les cépages résistants. « Il semble par exemple que le souvignier ait un port érigé, alors que celui du cabernet cortis est semi-retombant ». Nathalie Fortin compte sur l’extension du réseau, qui devrait atteindre 80 parcelles en 2021, pour confirmer ou infirmer ces tendances.

Cépages classés temporairement

La Chambre d’agriculture de l’Hérault vient aussi en appui au réseau des parcelles de cépages classés temporairement porté par le Comité Interprofessionnel des Vins de Languedoc (CIVL). « Ce réseau a été mis en place à partir de 2018 avec un protocole d’expérimentation cadré par l’Inrae sur 34 parcelles, plantées avec matériel Inrae-Bouquet, dans l’attente des parcelles Inrae-ResDur2 » indique la conseillère.

Un groupe Whatsapp permet aux viticulteurs d’échanger avec les techniciens. « Ils y ont envoyé 115 photos l’année dernière et nous ont donné beaucoup d’informations sur les dates des stades phénologique, les carences ou les symptômes des maladies, qui sont différents de ceux observés sur les cépages classiques ».

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