LE FIL

Echanges transfrontaliers

L’impact concret du Brexit sur le trafic et pour les exportateurs

Mercredi 20 janvier 2021 par Sharon Nagel

La WSTA fustige les lenteurs gouvernementales : « Nous savons que tous les nouveaux systèmes ne seront pas opérationnels à partir du 1er janvier »
La WSTA fustige les lenteurs gouvernementales : « Nous savons que tous les nouveaux systèmes ne seront pas opérationnels à partir du 1er janvier » - crédit photo : Pixabay
Trois semaines après la fin de la période de transition et l’entrée en vigueur de l’accord de Brexit, la Wine & Spirit Trade Association fait le point sur les difficultés rencontrées et les perspectives pour les mois à venir.

Le chaos autour des ports britanniques à la veille de la sortie du Royaume-Uni du marché européen, même s’il était provoqué par la découverte d’un nouveau variant du Covid-19, semblait augurer des graves perturbations logistiques qui allaient régner dès le 1er janvier 2021. Mais au final, la principale organisation professionnelle britannique des vins et spiritueux – la WSTA – évoque plutôt une situation « assez calme jusqu’à présent ». Et pour cause : « Beaucoup d’entreprises ont choisi d’éviter de faire transporter des marchandises pendant cette période », explique son directeur Miles Beale. De son côté, Christina Cavender, responsable commerciale chez Boutinot Wines, abonde dans son sens : « Il est probablement un peu trop tôt pour se prononcer, car les commandes commencent tout juste à reprendre après la pause de Noël - et avec le confinement, la demande a également diminué ». Résultat : « Les problèmes se résolvent relativement rapidement en raison de la circulation très faible », ajoute Miles Beale. Néanmoins, cette période de grâce pourrait être de courte durée. « Selon le retour que nous avons eu de la part du Border and Protocol Delivery Group, toute hypothèse d’une approche plus souple du côté des Etats membres de l’UE va cesser cette semaine [NDLR : du 11 au 15 janvier] et la loi sera appliquée à la lettre… Les autorités de l'UE à 27 devraient également cesser d'accepter que les marchandises arrivant désormais étaient en transit avant la fin de la période de transition. Il sera donc encore plus important de vérifier les exigences pour chaque destination et que les expéditions répondent à ces exigences. Cela signifie probablement que les perturbations vont commencer à se multiplier ».

Quelques certitudes, mais aussi des inconnus pour 2021

Quant à ces exigences, et sachant que l’introduction du certificat VI-1 a pu être évitée, les exportateurs devront compléter un formulaire simplifié. Celui-ci – qui pourrait même se voir remplacé par une version dématérialisée, sans qu’une date n’en soit encore fixée – requiert des informations simples telles que le nom du producteur, de la région, du pays de production et de l’indication géographique, le cas échéant, ainsi que la teneur en alcool, la couleur et la désignation commerciale du produit, son code NC et des renseignements sur l’importateur et l’exportateur. Jusqu’au 30 septembre 2022, les coordonnées d’un importateur basé dans l’UE, en Grande-Bretagne ou en Irlande du Nord pourront être utilisées sur des étiquettes de vin commercialisé en Grande-Bretagne. Dès le 1er octobre 2022, il faudra y apposer celles d’un importateur ou embouteilleur situé au Royaume-Uni. Voici pour les exigences connues. Pour le reste, 2021 sera tout sauf un long fleuve tranquille : « A cause de la pandémie, il est particulièrement difficile de lancer des pronostics sur la survenue de perturbations potentielles. Le début de l'année 2021 s'annonce aussi imprévisible et difficile que 2020 en termes d'adaptation des entreprises aux périodes de confinement, aux restrictions et à un paysage commercial en perpétuel mouvement » estime Miles Beale. « Il y a tant de choses qui pourraient perturber la chaîne d'approvisionnement en dehors des modifications apportées à la circulation transfrontalière des marchandises, comme nous l'avons vu lorsque la France a fermé sa frontière le mois dernier suite à la découverte du variant du Covid-19 ». Une certitude cependant : « Il s'agit d'un changement fondamental dans la façon dont les exportateurs opèrent, nécessitant de passer de six à quinze étapes et de s’impliquer dans de multiples systèmes différents ». Avec à la clé, des coûts supplémentaires inévitables.

 

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